God forsaken part 5

God forsaken part 5
Je m'excuse de ne pas vous mettre beaucoup d'articles aujourd'hui, c'est que je suis très occupée. Mais en tout cas, je fais mon maximum^^

Il rentra chez lui de mauvaise humeur. Les cours avaient à son sens duré beaucoup trop longtemps, et il avait été mis encore plus en rogne par ses heures de ménage auxquelles il était toujours soumis. La journée avait été mauvaise, et il aurait eu bien besoin d'une bonne bagarre pour pouvoir se défouler un peu. Il avait même erré quelques minutes dans les couloirs avant de partir, après avoir fini sa corvée, pour voir si Yamamoto n'était pas dans le coin et finir avec lui de régler leurs comptes. Mais le surveillant général avait bien fait les choses et les avait envoyé travailler dans des zones très éloignées, de fait qu'ils ne risquaient pas de se croiser. Il eu juste le déplaisir de croiser le vice président dans le couloir du Comité Disciplinaire, car celui ci avait fini sa journée et rentrait chez lui. L'air s'était fait étrangement lourd quand il était passé à côté de lui, et il lui avait lancé un regard chargé de toute l'estime qu'il avait de lui, autant dire aucune. Akira était donc rentré chez lui en traînant les pieds, sans passer par Desire ni aller rejoindre Terada et Minami qui avaient dit qu'ils y feraient un tour, et s'était mit tout seul d'une humeur de chien. Il poussa la clôture du jardin d'un coup de pied et entra dans la maison en ruminant sombrement. Il cherchait déjà quoi lancer à son père si celui ci commençait à lui reprocher quoi que ce soit. Il était de trop mauvaise humeur pour avoir la patience d'écouter son sermon. Il passa par la cuisine pour se chercher un truc à manger et vit sa mère assise à la table, dos à lui. Il poussa un soupir énervé et alla ouvrir la porte du frigidaire, sans se donner la peine de lui dire bonjour, ou quoi que ce soit d'autre. A quoi bon, puisque de toute façon, quoi qu'il dise, elle allait encore le regarder avec cet air de découragement et de pitié qu'il détestait tellement. Elle sursauta quand elle l'entendit entrer, et elle renifla étrangement sans se tourner vers lui. Se demandant ce qu'il avait encore fait, il se retourna vers elle et aboya d'un air excédé :
-Quoi ?

Elle se tourna lentement vers lui et il s'aperçut qu'elle pleurait. Sa colère fondit d'un coup et il la regarda avec étonnement.
-Maman ? Ca va ?
-Ton père...ton père est très fâché...
-Qu'est ce qui se passe ?
-Tu as vu le mur devant la cuisine ?
-Non, pourquoi ?
fit il en sortant de la pièce pour aller voir ce qu'il y avait

Il sortit rapidement, fit le tour de la maison, et comprit immédiatement le problème. Ici aussi. Il serra ses poings et se retint de frapper dans la fenêtre. Un énorme Fuck Ishiyama était tagué en rouge sur le mur. C'était quelqu'un qui savait où il habitait...
Il retourna dans la cuisine en essayant de garder le contrôle de ses nerfs et s'efforça de calmer sa mère qui avait l'air inquiète.
-C'est rien, maman, c'est juste un tag...
-Qui a bien pu faire ça ? Nous n'avons aucun problème de relations, aucun problème de dettes, on ne doit d'argent à personne...ton père pense que c'est peut être la yakuza mais je ne vois vraiment pas pourquoi ils...ton père n'aurait quand même pas des comptes à régler avec la yakuza, n'est ce pas ?
-Mais non, maman, fit il en s'agenouillant devant elle, ça n'a rien à voir, d'ailleurs c'est pas vous qui êtes visés, ne t'inquiètes pas !
-Mais...mais alors pourquoi...
-C'est pour moi ce message, pas pour papa.

Sa mère renifla encore une fois et ouvrit de grands yeux apeurés :
-Qu'est ce que tu as fais, Akira ?
-Rien, j'ai rien fais !
-Alors pourquoi on t'a envoyé ce message ?
-J'en sais rien ! fit il en s'énervant. Je sais pas pourquoi ! J'ai eu le même sur mon bureau !
-Tu n'as pas fais de bêtises, n'est ce pas ? Tu ne dois d'argent à personne, hein ?
-Mais maman ! cria-t-il en se relevant. Pourquoi veux tu que je doive de l'argent à quelqu'un ? J'en ai déjà pas, c'est pas pour me faire des dettes ! Pourquoi est ce que tu ramènes toujours tout au fric ou à ce que les voisins pensent de nous ?

Sa mère se ratatina sur elle même, terrifiée, et lança d'une petite voix apeurée :
-Je...je suis désolée, je ne voulais pas dire ça, je voulais juste savoir...
-Putain, maman, mais arrêtes d'avoir peur comme ça dès que je te dis quelque chose !
-Je...mais...mais non, ne dis pas de bêtises...
-Ca va, ça va, fit il en culpabilisant un peu de lui avoir crié dessus et en radoucissant son ton, c'est pas grave, t'inquiètes pas pour ça, je vais me débrouiller pour retrouver qui a fait ça, il viendra pas vous embêter.
-Akira...tu as des problèmes à l'école ?
-Non, non, tout va bien, fit il d'un ton bourru, en songeant que sa mère devait bien se douter de ce qui se passait à Meishô, vu qu'il revenait tous les jours avec de gros bleus à la figure.

Sa mère sembla s'inquiéter davantage, et lui sourit doucement en posant sa main sur sa joue :
-Je sais bien qu'en ce moment on a un peu de mal à parler. Mais si tu as quelque chose à nous dire, tu peux le faire. Je sais bien aussi que tu fais beaucoup de bêtises, mais tu n'es pas du genre à t'attirer des ennuis de ce genre. Tu es un gentil garçon, Akira, alors pourquoi tu continues à faire le voyou, comme ça ? Est ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas ?

Akira soutint son regard sans ciller et la regarda, avec un petit pincement au c½ur, lui sourire avec compassion. Il finit par baisser les yeux et répondit :
-Non. Non, tout va bien.

Son père ne rentra que lorsqu'il se fut couché, et il l'écouta vaguement exposer ses théories à sa mère concernant l'origine du tag insultant. Il entendit aussi sa mère chuchoter quelque chose et son père crier « Quoi ? Mais qu'est ce qu'il a fait, encore ? ». Il n'y prêta pas attention et ferma les yeux. Il savait bien qu'il ne faisait pas vraiment la fierté de ses parents...Il se réveilla plusieurs fois dans la nuit, dérangé par des rêves bizarres peuplés de bureaux qui brûlaient, et de serpillières qui nettoyaient toute seules. Il vit Terada s'asseoir sur sa Yamaha 1200Vmax, mettre le contact, et s'envoler, il vit Minami taper comme un cinglé sur Chieko qui riait comme une demeurée, il vit Takanori Sakura, allongée sensuellement sur un lit de satin, le regarder avec des yeux de braise, il vit Takashi, enfermé à l'intérieur d'une bouteille de saké, appeler au secours tandis que celle ci se remplissait dangereusement, il vit son père lui crier qu'il n'était qu'un bon à rien et qu'il aurait du l'échanger avec un chien tant qu'il en avait eu le temps, et il vit sa mère lui demander « Tu es un si gentil garçon, Akira, pourquoi tu t'obstines à faire ça ? ». L'allégresse. L'adrénaline. Le désir. La peur. La colère. La honte. De toutes ces émotions, laquelle était la plus forte en lui ? Laquelle était en train de le dominer ?

Il reprit le chemin de l'école le lendemain matin avec la ferme intention de trouver qui avait osé tagguer cette énormité sur le mur de la maison de ses parents. Faire un graffiti sur sa table, c'était une chose, s'attaquer à sa maison en était une autre. Il réfléchit durant le trajet à qui il devait des comptes, et qui lui en devait. Yamamoto, ça n'était pas possible. Il n'était pas du genre à faire des coups bas, il était beaucoup trop fier pour se rabaisser à frapper dans le dos. Personne, parmi les troisièmes ou les secondes, n'aurait osé faire quoi que ce soit contre lui, ils avaient trop peur de lui et de Terada et Minami pour tenter quelque chose. Quoi qu'en agissant dans l'anonymat, ils se salissaient beaucoup moins, et on aurait plus de mal à retrouver le coupable...Mais Akira ne pensait pas qu'il s'agisse d'un quelconque petit rebelle de troisième. D'ailleurs, comment l'un d'entre eux aurait pu savoir où il habitait, à moins de l'avoir suivi, et s'il avait été suivi, il s'en serait très vite aperçut. Les premières étaient pratiquement tous de son côté lorsqu'il s'agissait de règlement de comptes, mis à part Yamamoto et sa troupe, mais il avait déjà écarté Yamamoto de sa liste de suspects. Restaient les terminales, qui n'aimaient pas tellement le fait qu'il se la ramène, compte tenu du fait qu'ils honoraient le code du droit d'aînesse, et qu'ils considéraient que ceux qui étaient plus jeunes qu'eux leur devaient le respect. Mais aucun d'entre eux n'aurait eu l'idée de faire ça. Le code d'honneur qu'ils se forçaient de respecter était fondé sur le bushido, et ce genre d'agissement était considéré comme d'une grande honte. Akira flanqua un coup de pied dans une canette abandonnée en maugréant. Qui avait bien pu faire ça ?

Il fit un détour pour ne pas avoir à passer devant Tomori. Il était de mauvaise humeur, et n'était pas disposé à parler avec Sakura. D'autant plus que Sakura était intervenue d'une façon très gênante dans un de ses rêves, et qu'il serait mal à l'aise s'il se retrouvait de nouveau en face d'elle. Il n'avait pas la tête à penser à elle, et avait des choses plus importantes à gérer pour l'instant. Il se dit, toutefois, qu'il faudrait qu'il repasse en rentrant chez lui. Juste histoire de lui avoir dit bonjour.

Terada avait fait changer sa table. Sans doute pour lui éviter une crise de colère ou pour essayer de le mettre de meilleur humeur. Quand il poussa la porte d'un geste brusque qui laissait deviner une mauvaise humeur imminente, les autres se retournèrent vers lui d'un air anxieux, et le premier rang se tassa un peu, se resserrant les uns contre les autres, mis à part Saehara, qui était un grand admirateur d'Akira, et qui ne pouvait s'empêcher d'essayer de se faire bien voir de lui de toutes les façons qu'il pouvait imaginer.
Akira se dirigea d'un pas mécanique vers sa chaise et s'y laissa tomber, en lançant un regard peu engageant aux autres, pour bien montrer qu'il ne valait mieux pas le chercher aujourd'hui.
Il ne fit aucun commentaire quand à sa table miraculeusement redevenue propre (enfin, dans l'état où elle était avant), enfonça ses poings dans ses poches et afficha une mine renfrognée. Terada vint s'asseoir sur la chaise qui était en face de lui, en virant son occupant d'un coup de pied, la tourna face à lui et croisa ses jambes sur sa table.
-Ca va, la forme ?
-...
-Pas la forme, donc.

Il se frotta le crane et ouvrit un paquet de clopes. Minami tourna une page de « Ainsi parlait Zarathoustra » et lui donna une petite claque sur l'épaule sans lever le nez de son bouquin :
-On a commencé les interrogatoires dans les troisièmes A B et C, personne n'est au courant.
-Le mur de ma maison a été taggué, aussi.
-Hein ?

Terada se redressa sur sa chaise et le regarda avec inquiétude. Minami releva les yeux vers lui et referma son livre.
-Merde alors...
-Je ne crois pas que les nouveaux y soient pour grand chose...
-On va quand même continuer à les interroger. S'il y en a un, même un seul, dans le coup, on pourra peut être en savoir plus.

-A ton avis, ça pourrait être qui ?

Akira haussa les épaules :
-Personne. Tout le monde.
Minami hocha la tête, et Terada se releva en pestant en voyant Yamanami sensei entrer dans la classe.
-Tout le monde à sa place, bande d'insolents, ou on va mal commencer la journée.

Akira sortit ses mains de ses poches et appuya ses coudes sur la table pour essayer de se réveiller et de se changer les idées. Yamanami sensei s'installa sur son bureau et lança à la cantonade :
-Alors, qui va nous faire un résumé du précédent épisode, histoire de me mettre de bonne humeur ? Tiens, Ishiyama, toi qui t'es octroyé une journée de congé la dernière fois, c'était sûrement pour réviser, tu dois être bien au point ! Au tableau !

Akira poussa un grognement et se leva en maugréant. Aucun des autres ne se risqua à lui envoyer une vanne, comme on le faisait avec Terada. Il fallait dire que Terada avait quand même la réputation d'être beaucoup plus sociable que lui...

-Ishiyama ? C'est pas ton tour de service aujourd'hui ?
Akira releva la tête en grognant, et Saehara parut regretter de l'avoir réveillé dans sa sieste de midi. Akira se frotta les yeux, et lança d'une voix pâteuse où pointait la mauvaise humeur :
-Ouais, c'est mon tour, j'y vais, affole pas...
-Tu veux que j'y aille à ta place ?
-Quoi ?

Saehara lui sourit et expliqua :
-Tu as déjà des heures de nettoyage en plus tous les soirs, avec ta punition, non ? Si tu te mets à dormir entre les cours, c'est que tu es fatigué, alors je peux te remplacer pour le service, si tu veux.
Akira se massa le crane, en essayant de se réveiller, et lui demanda :

-Pourquoi tu voudrais faire ça ?
-Oh, juste comme ça, si ça peut t'aider, mais sinon...

Il se mit à rougir et tira sur sa chemise d'un air gêné. Akira eu un petit sourire. Depuis le début, ce pauvre garçon, qui n'avait, à ses yeux, que le tort de ne pas savoir se défendre, essayait de faire ami-ami avec lui, et lui l'envoyait toujours bouler. Le pauvre Saehara faisait pourtant de son mieux...
Il lui sourit et lui répondit :
-Nan, c'est mon tour, alors je le fais, mais merci quand même, Saehara.

Saehara eu l'air de ne pas en revenir de ne pas s'être fait envoyer bouler, et lui déclara avec allégresse :
-Pas de problème, si tu as besoin, tu m'appelles !
-C'est quoi, ça ?
-C'est pas la nana de l'autre jour ?
-Qu'est ce qu'elle vient foutre là, celle là ?
Akira interrompit sa discussion et regarda par la fenêtre, comme tous les autres. « La nana de l'autre fois » ?...Elle n'était quand même pas assez bête pour être revenue toute seule encore une fois ? Et en effet, en y regardant plus attentivement, il reconnut la silhouette mince et fragile de Takanori Sakura derrière la grille. Il se leva à moitié de sa chaise, pour y regarder de plus près, et la regarda passer devant la grille avec les deux filles qui l'accompagnaient la dernière fois qu'il l'avait croisée. Il se demanda ce qu'elle venait fiche ici, si elle venait encore apporter quelque chose à son père. Il se leva et s'apprêta à descendre en bas pour lui dire de repartir. Venir une fois à l'improviste, ça pouvait passer. Mais une deuxième fois, et avec des copines, les gars de l'école allaient se demander si elles n'étaient pas en train de les narguer. Mais elle ne s'arrêta pas, elle continua son chemin en bavardant joyeusement avec ses copines, et ne jeta qu'un regard furtif vers le bâtiment. Akira se sentit stupide de s'être levé aussi brusquement et se rassit. D'ailleurs Terada lui lança un regard interrogateur auquel il n'avait pas vraiment envie de répondre. Terada n'avait pas besoin de savoir qu'il rêvait d'elle la nuit, ni qu'elle était toujours mise en scène d'une façon très sensuelle, trop sensuelle, presque proche de l'érotisme. A croire qu'il fantasmait sur elle...Les rêves où il se retrouvait seul avec elle devenaient de plus en plus fréquents, et étaient criants de réalisme. Dans ses rêves, Sakura s'étendait langoureusement sur ce grand lit en satin sortit d'on ne savait où, tendait la main vers lui, l'attirait de façon irrésistible au dessus d'elle, et il se sentait frissonner lorsqu'il la prenait dans ses bras, lorsqu'il l'entendait gémir doucement au moment où il posait ses mains sur elle, lorsqu'elle posait tendrement ses lèvres sur les siennes, lorsqu'elle lui disait qu'elle l'aimait à en mourir, il se sentait fondre, se consumait d'amour pour elle, tremblait de désir, et...
-Akira ! Tu rêves ?

Akira sortit brutalement de son état léthargique et regarda Terada avec incompréhension.
-Hein ?
Terada le regarda d'un air amusé et il se sentit un peu déboussolé. Il ne savait plus vraiment où il était, et s'il n'était pas encore en train de rêver. Il se reprit vite en main et répondit :
-Non, ça va, qu'est ce que tu disais déjà ?
Minami eu un regard soupçonneux, mais ne dit rien, et Akira écouta Terada se plaindre qu'il était en manque de filles, en ce moment, et qu'il aurait bien aimé que les trois lycéennes de Tomori soient entrée dans l'enceinte de l'école. Ca doit être le cas pour moi aussi, se dit Akira. Je dois être en manque...Il ne voyait que ça comme explication, sinon, pourquoi serait il aussi obsédé par cette fille qu'il connaissait à peine ? Sinon, pourquoi alimenterait elle autant ses fantasmes, elle et pas une autre ? Il connaissait plein de filles dont il aurait pu rêver, plein de filles beaucoup mieux foutues, et plus belles aussi, et il aurait été beaucoup moins étrange qu'elles apparaissent dans ses rêves. Pas qu'il la trouvait moche, au contraire, elle était plutôt mignonne...

# Posté le dimanche 04 octobre 2009 12:04

The Wrong lane, part 13

The Wrong lane, part 13
Yoshhhh, ça faisait longtemps! Longtemps que je n'était pas venue, longtemps que je n'avais rien publié sur The wronglane. Il ya eu des protestations...rassurez vous, la longue attente est maintenant terminée! Oh yeah!

Manabu tapotait nerveusement des doigts sur l'accoudoir du canapé en regardant la télé. Sion était partie travailler, il était vingt et une heure dix huit, et il mourrait d'envie de se faire un fix avant qu'elle ne soit de retour. Seulement, il ne pouvait pas. Lucy était là, elle aussi, à regarder la télé dans SON salon sur SON canapé, et il sentait bien qu'elle le surveillait du coin de l'½il. Elle devait chercher le point faible. Attendre qu'il fasse une bourde pour persuader Sion qu'il n'était pas digne de confiance et qu'elle devait retourner habiter avec elle. Il ne devait pas la laisser gagner. Il s'efforçait donc de contrôler ses mouvements impatients, de paraître détendu et calme, mais l'angoisse qu'il commençait à éprouver à l'idée qu'il ne pourrait prendre aucune dose avant plusieurs heures si jamais Sion rentrait entre deux s'ajoutait à l'énervement qu'il cumulait déjà depuis plus de deux heures. Si seulement...si seulement elle pouvait avoir un coup de fil important, ou qu'elle ai oublié de faire quelque chose d'urgent autre part, qu'elle s'en aille juste dix minutes, juste le temps pour lui de s'avaler un cachet...
Mais Lucy ne bougea pas et continua de fixer résolument l'écran de la télé. Il s'efforça de refouler son angoisse et son stress, mais au bout d'un moment, agacée par le bruit qu'il faisait, elle tourna la tête vers lui et lui demanda :
-Tu pourrais arrêter de faire ça ? C'est stressant.

Manabu eut envie de la gifler. Si ça l'ennuyait tant que ça, elle pouvait partir, ça n'était pas lui qui la retiendrait ! Il lui jeta un regard noir et vit qu'elle le regardait avec un air blasé, comme si sa présence l'importunait. Au bout d'un moment, il craqua. Il se leva du canapé, sans dire un mot, et alla s'enfermer dans la salle de bains. Au passage, il la vit secouer la tête d'un air négatif en marmonnant « pauvre Sion... ». Il l'aurait tuée.
Il ferma la porte de la salle de bains et barra derrière lui. Elle pourrait bien penser ce qu'elle voudrait, il s'en moquait, elle le poussait à bout. Il passa la main derrière le meuble blanc où Sion rangeait les serviettes de toilettes (et qui faisait aussi office de boîte médicale) et en décrocha l'enveloppe en papier qu'il avait fixé avec du scotch quelques jours plus tôt pour y planquer sa réserve de cachetons. Il en avala un, avec un frisson de soulagement, remit l'enveloppe à sa place, et s'assit contre la baignoire en maudissant Lucy. De quel droit ? De quel droit pouvait elle s'installer comme ça chez lui et faire sa loi, comme ça, du jour au lendemain ? De quel droit pouvait elle juger la façon qu'il avait de vivre et s'apitoyer sur le sort de Sion ? Qu'est ce qu'elle savait de tout ça ? Il était parfaitement capable de s'occuper convenablement de Sion, il en avait la certitude, d'ailleurs il s'occupait très bien d'elle, et elle ne s'était jamais plainte de son comportement envers elle, ni de rien d'ailleurs. Sion était heureuse avec lui. Elle ne le laisserait pas. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait.

Curieusement, Lucy ne dit rien. Il vit bien, en ressortant de la salle de bain, à la mine qu'elle affichait, qu'elle savait très bien pourquoi il y était allé. Mais elle ne fit pas de remarques cinglantes, et ne dit rien de compromettant à Sion lorsque celle ci rentra vers vingt trois heures. Sion, toutefois, se douta bien de ce qui avait pu se passer durant son absence, car Manabu accepta de manger sans broncher, et ce avec trop d'enthousiasme pour que ça paraisse honnête. Sion commença à s'inquiéter. Elle savait que la présence de Lucy irritait beaucoup Manabu, qui était déjà plutôt associable, et qui ne voulait pas partager. Elle songea donc qu'il allait falloir essayer de le mettre de meilleur humeur avant de courir le risque de le pousser à prendre une dose de trop. Après tout, il était toujours très excessif...

Elle trouva qu'il avait un comportement bizarre. D'ordinaire, c'était toujours elle qui venait quémander un bisou ou une quelconque marque d'affection de sa part. Là, il ne la lâchait plus. L'interdiction numéro 1 semblait ne plus exister pour lui et il la garda près de lui toute la soirée jusqu'à ce qu'ils aillent se coucher, sans tenir compte de son air étonné. Une fois qu'ils furent seuls, il ne tient plus compte non plus de la remarque concernant les murs porteurs et commença à la caresser fiévreusement une fois qu'elle se fut allongée à côté de lui. Complètement décontenancée, elle le repoussa gentiment, bien qu'a contre c½ur, et il eut un air étrangement désespéré.
-Tu ne veux pas ? lui demanda-t-il d'une voix bizarrement aiguë
-Ce n'est pas ça, mais si on fait trop de bruit, Lucy va...
-On s'en fiche de Lucy ! protesta-il. C'est chez nous, ici, non ? Si elle n'est pas contente, elle peut partir, on ne va pas s'arrêter de vivre pour elle !

Sion, stupéfaite par ce soudain accès de colère (car c'était bien la première fois qu'elle le voyait se fâcher), lui caressa la joue tandis qu'il s'était d'un seul coup serré contre elle.
-Qu'est ce qu'il s'est passé ? lui demanda-t-elle. Qu'est ce que tu as ?
-Rien. Rien, je suis juste...juste fatigué, pardon...
-Tu es sûr que ça va ?

Manabu releva la tête et vit l'expression angoissée qu'elle avait sur le visage. Il ne voulait pas qu'elle s'inquiète. Ca n'était pas de sa faute, à elle, elle n'y était pour rien si il perdait les pédales. Il l'embrassa et lui assura :
-Ca va. Ne t'inquiètes pas, je suis juste un peu crevé, c'est tout.

Il la serra dans ses bras et Sion posa sa tête sur son épaule. Elle lui dit :
-Il n'y en a plus pour longtemps. Elle ne va pas rester indéfiniment ici. Ca va aller, on sera bientôt tranquille...
Il ne lui répondit pas, mais la serra un peu plus fort. Sion sentit ses mains trembler légèrement dans son dos.
-Manabu ? Tu as froid ?
-Quoi ? Non, pourquoi ?
-Tu trembles.
-Qu'est ce que tu racontes ? Je ne tremble pas.

Elle se détacha de lui et prit ses mains dans les siennes.
-Si, tu trembles...

Manabu regarda ses mains et fronça les sourcils. Il demeura silencieux et finit par murmurer :
-Je ne les sens pas...
-Hm ?
-...je ne les sens pas trembler...

Sion le regarda et vit une expression d'inquiétude sur son visage.
-Je ne sens rien du tout...

Elle lui prit les mains et les frotta dans les siennes.
-Tu dois être engourdi, il fait froid dans la chambre, c'est pour ça que tu ne sens pas tes doigts.
-Sion, je ne sens plus rien...
-Il faut le temps de te réchauffer un peu, fit elle, d'une voix un peu aiguë, en frottant plus fort. Mais tu vas voir, dans cinq minutes ça sera revenu.
-C'est pas normal...
-Ca va aller, c'est rien, c'est parce que tu es fatigué.

Manabu commença à paniquer :
-Pourquoi je ne sens plus rien ? Qu'est ce que j'ai ?
-Ne panique pas ! fit Sion, tout aussi inquiète, la voix très aiguë. Ne panique pas, ça va s'arranger !
-Qu'est ce qui m'arrive ? Qu'est ce que j'ai ?

Complètement affolé, il frotta ses mains l'une contre l'autre, mais ne parvint pas à faire cesser les tremblements. Il jeta alors à Sion un regard épouvanté.
-Tu crois...que j'en prend trop ?
-Trop de quoi ? Qu'est ce que tu as fais ?
-En fait, ça ne me suffit plus...
-...Non, c'est pas ça.
-Et c'est en train de me tuer !
-Arrête, je suis sûre que c'est pas ça !
-Je suis en train de crever...
-Arrête !
-JE TE DIS QUE JE SUIS EN TRAIN DE CREVER ! JE CONTROLE PLUS RIEN !

Il se laissa submerger et les larmes coulèrent le long de ses joues tandis qu'il se prenait la tête entre les mains. Sion, les yeux écarquillés par la peur, mit un certain temps avant de poser sa main sur son épaule pour essayer de le rassurer.
-Je vais mourir...
-Non.
-Je vais mourir...
-Je ne te laisserais pas mourir !
-Je suis fichu...
-Je t'interdis de mourir !

Manabu releva les yeux, étonné d'entendre Sion crier et la regarda serrer les poings.
-Je vais t'emmener voir un médecin.
-Non, surtout pas ! Ca va être l'enfer !
-Je m'en fiche. Tu vas aller te faire soigner. On ira demain.
-Je ne peux pas ! Ils vont me demander d'où ça vient, tout ce que j'ai pris ! Je ne peux pas !
-Pourquoi ? Tu préfères mourir ?
-J'en revendais ! Je vais aller en prison, dès qu'ils vont le savoir !
-Donc tu préfères mourir ?
-Je ne veux pas aller en tôle ! Tout mais pas ça !
-T'ES QU'UN EGOISTE !

Sion s'était mise à crier. Manabu se tut, et vit qu'elle était en colère. Elle s'était détachée de lui et une expression étrange, qu'il ne lui connaissait pas, était apparue sur son visage.
-Tu n'as pas le droit de me laisser toute seule ! C'est toi qui paye cet appartement, je te signale, j'y arriverais pas toute seule ! Si tu te laisses mourir, je vais avoir des tas de problèmes ! Tout le monde va me poser des questions embarrassantes, à tous les coups on va croire que c'est moi qui t'ai tué ! Tu n'espère pas que je vais reprendre ma vie d'avant après le train de vie auquel tu m'as habituée ? Je ne pourrais jamais ! Tu n'as pas le droit !

Elle se tut pour reprendre son souffle et baissa soudainement la tête.
-...Sion ?
-Tu n'as pas le droit de m'enlever le seul endroit où je pouvais rentrer.
-Tu garderas l'appartement, idiote, quoi qu'il...
-Si tu n'y est plus, je n'aurais plus d'endroit où rentrer.

Manabu fronça les sourcils, craignant de comprendre ce qu'elle voulait dire. Sion releva la tête et déclara :
-Ma maison, c'est là où toi tu es. Et quand je suis ici, je n'ai plus envie de mourir. Alors ne me l'enlève pas.

Manabu songea alors qu'il était temps d'en finir.

Il y avait pensé plusieurs fois, depuis que Lucy était arrivée, et avait toujours remit ça de côté. Mais il fallait qu'il se rende à l'évidence. Ca ne pouvait pas continuer comme ça. Si elle se rendait malade pour lui, ça n'avait plus de sens. Au fond de lui, il avait toujours su qu'il finirait par perdre les pédales un jour où l'autre, et qu'il finirait par crever de ses conneries. Sion ne devait pas faire la même erreur que lui. Elle ne devait pas se laisser mourir. Il fallait qu'elle, au moins, puisse s'en sortir. Et puisqu'il était incapable de l'aider, puisqu'il ne faisait qu'empirer les choses, ça ne servait plus à rien. Il valait mieux qu'il la mette en sûreté. Loin d'ici. Et surtout loin de lui.

Il détourna la tête et fixa le mur pour ne pas avoir à la regarder.
-C'est pas toi qui vas mourir, aux dernières nouvelles, c'est moi.
-C'est pour ça qu'il faut que tu ailles voir un médecin !
-J'ai pas envie de finir en tôle.
-Mais c'est quand même mieux que...
-Ne dis pas ce que tu crois qui es mieux ! Tu ne sais rien.
-...j'essaye juste de t'aider !
-J'ai pas besoin de ton aide.
-Tu t'en sortiras pas tout seul.
-Mais je m'en sortirais pas mieux avec toi.

Sion se tut et le fixa d'un air incrédule. Manabu se tourna, dos à elle, et lança d'une voix froide :
-Tu as dis que tu ne pourrais pas payer cet appart toute seule. Mais rien ne t'oblige à rester ici.
-Mais...je viens de te dire que...
-On avait dit pas d'attachement, tu te souviens ?

Sion fut choquée de ses mots. Elle précisa :
-TU avais dis pas d'attachement ! Mais tu as exigé que je reste quand même avec toi !
-On avait un deal !
-J'ai jamais pris aucune de tes satanées pilules et tu le sais très bien ! Je suis restée pour toi !
-Et tu as vu où ça nous a mené ? Maintenant, on en arrive à se demander de quelle couleur on peut choisir les rideaux ! Tu as vu ce que tu as fais de moi ? Je suis un légume !
-Je ne t'ai jamais empêché de faire ce que tu voulais ! La preuve, je n'ai rien dis quand tu as ramené tes clients ici !
-Encore heureux ! C'est moi qui paye, non ?
-Je n'ai jamais fais la moindre remarque sur quoi que ce soit ! Je t'ai toujours laissé gérer les choses comme tu le voulais ! Est ce que je me suis imposée sur quelque chose depuis que je suis ici ? Est ce que, une seule fois, je me suis montrée envahissante ou insupportable ?
-Le problème n'est pas là !
-Si, tout le problème est là ! J'ai fais tout ce que tu me demandais ! Je me suis pliée à toutes tes exigences ! Je t'ai laissé te démolir comme tu le voulais, bien que ça m'ai fait mal de voir ça ! Je me suis fait un sang d'encre pour toi, y a pas eu un journée sans que je m'inquiète, sans que j'ai eu peur de te retrouver mort par terre au moment où je rentrais ! J'ai arrêté de vivre, pour toi !
-Et ben dis toi que maintenant, tu vas pouvoir recommencer.
-Quoi ?

Manabu se recoucha lentement et lui déclara sans la regarder :
-Rentre chez toi. Demain matin, reprend tes affaires, et retourne avec Lucy.
-Pourquoi tu me dis ça ? C'est ici chez moi !
-Non. Ici, c'est nulle part. C'est même pas chez moi.
-...je veux rester avec toi...

Manabu ferma les yeux. Il se sentait plus mal qu'il ne l'avait jamais été. Comme si on était en train de lui arracher quelque chose. Il ne fallait pas qu'il lui cède. C'était bien la seule chose qu'il puisse faire pour la protéger.
-Sion, tu me fatigues. Dors, maintenant.

Il sentit Sion se rallonger lentement, et l'entendit sangloter silencieusement. Ainsi, même elle, elle pouvait parfois pleurer...Il sentit sa main s'agripper à son tee shirt et se raccrocher désespérément à lui. Elle s'était serrée contre lui et pleurait dans son dos.
-Je te demande...pardon...murmura-t-elle

Manabu soupira et la laissa s'accrocher à lui sans pour autant la toucher. Si c'était la dernière nuit qu'il passait avec elle, il n'aurait pas la cruauté de la repousser. C'était le dernier geste d'amour qu'il pouvait lui témoigner.

# Posté le dimanche 04 octobre 2009 11:46

God forsaken part 4

God forsaken part 4
L'histoire a l'air de vous plaire, je suis heureuse. C'est un bon début pour une histoire où personne ne connait l'inspiration. Très encourageant. Je poursuivrais!!!

Akira n'utilisait jamais les transports en commun pour aller à l'école, il préférait y aller à pied. Il était ainsi beaucoup plus sur de ne pas arriver à l'heure, et en profitait pour passer prendre un café au Desire quand il était vraiment beaucoup trop en retard pour faire semblant d'avoir raté le bus. Il adorait cette sensation de liberté qui lui donnait l'illusion qu'il pouvait faire tout ce qu'il voulait. Ce qu'il n'aimait pas, en revanche, c'était avoir à passer devant les autres lycées, ou mêmes devant les autres étudiants. L'uniforme de Meishô était comme l'uniforme des policiers, il était connu de tout le monde, et si, au début, il avait été très amusé de voir qu'il fichait la trouille à la plupart des gamins de son âge, il commençait à se lasser d'être dévisagé dès qu'il se ramenait près d'un établissement un peu mieux fréquenté. Toutefois, ce matin là, il laissa de côté son énervement et fit une découverte intéressante.
Un quartier avant Meishô se situait un lycée devant lequel il devait passer tous les matins, en se rendant à Desire. On voyait clairement la différence avec Meishô : les murs étaient propres. D'ordinaire, Akira ne faisait pas attention à cet établissement, et les élèves qui y entraient rasaient souvent les murs sur son passage en voyant qu'il portait une batte de base-ball. Mais quelque chose l'interpella chez les deux lycéennes qui marchaient devant lui, il n'aurait pas su dire quoi. Il les observa attentivement en réfléchissant et en se demandant pourquoi elles lui paraissaient si familières. Il était certain de ne jamais les avoir vu, ça n'était pas des filles bien élevées comme ça qui venait traîner devant Meishô ou Desire. Il eu beau réfléchir, il ne retrouvait pas d'où il les connaissait. Et puis, le déclic se fit tout seul. Ce n'était pas les lycéennes, mais l'uniforme qu'il connaissait ! Il l'avait déjà vu, sur la fille qui était venue l'autre jour apporter des dossiers au vice président. Il ralentit l'allure et regarda le bâtiment. « Tomori ».
Bizarrement, il se surprit à scruter la foule d'étudiants pour voir s'il n'arriverait pas à la repérer parmi toutes ces têtes d'imbéciles. Bien sûr, la cour était bondée et il ne se souvenait plus très bien quelle tête elle avait. Le souvenir qu'il avait de son visage était un peu flou, surtout quand on savait qu'il avait pas mal picolé avec Terada le soir même, ce qui avait du contribuer à l'embrouiller. Il se souvenait qu'elle était petite, aux cheveux noirs, mais rien d'autre. Les filles petites aux cheveux noirs étaient la marque de fabrications des lycéennes japonaises, ce qui lui fit jeter l'éponge, et de toutes façons, il n'avait aucun profit à retrouver cette nana dans cette foule.
-Tu es sur le chemin, Ishiyama Akira.

Akira tourna la tête.
-Tu veux nous empêcher d'aller travailler ?

Sakura s'était campée devant lui, les mains sur les hanches, un grand sourire amusé sur le visage. Akira ne répondit pas tout de suite. Il ne l'avait pas vue arriver, ne l'avait pas entendue non plus, et il était rare qu'on arrive à le prendre par surprise. C'était sûrement à cause du brouhaha...
Deux de ses copines étaient derrière elles, un peu à l'écart, et le regardaient d'un air inquiet. L'une d'elles s'approcha un peu et demanda :
-Sakura, tu le connais ?
-C'est lui qui m'a chaperonné quand je suis allée à Meishô.
-Aaaah, c'est lui ! fit l'autre, en ayant l'air d'avoir compris quelque chose

Akira fronça les sourcils, ce qui fit se ratatiner les deux filles qui l'accompagnaient, mais Sakura ne se démonta pas et lui demanda :
-Alors, tu n'es plus de corvée de balai ?
-Hein ? Ah, si, toujours...
-Qu'est ce que tu viens faire par ici ? Tu veux être transféré à Tomori ?
-Je crois pas, non...
-Pourquoi pas ? On a de chouettes balais brosses nous aussi !

Akira sourit.
-Je préfère les miens. Et puis, je passe tous les jours par là.
-Je ne t'avais jamais vu...
-Pourtant, on peut dire que je détonne ici, si on compare au reste...
-Vantard ! C'est ta batte de base-ball qui fait de l'effet, pas toi !
-Tu crois ça ?

Sakura eu un petit rire et s'apprêtait à lancer une réplique quand la cloche sonna. Akira fut bluffé de les voir tous se carapater docilement vers les bâtiments, sans protester. A Meishô, quand la sonnerie retentissait, on jetait des bouquins de cours sur la cloche, mais on ne bougeait pas de place. Sakura, cependant, n'eu pas l'air d'avoir envie de s'en aller.
-Et ben alors, tu vas pas en cours ?
-Rien ne presse...
-Tu vas te faire attraper si ton papa sait que tu es arrivée en retard à un cours.
-C'est possible.

Ils restèrent silencieux en se défiant du regard et Akira eu un sourire en coin.
-Fais pas ta rebelle juste pour m'impressionner.
-Qui est ce qui te dis que c'est toi que je veux impressionner ?
-Qui d'autre ?
-Tu te prendrais pas un peu au sérieux ?
-Changes pas de sujet.
-Sakura, fit timidement une de ses amies en attrapant son bras, Sakura on va être en retard...
-Allez y sans moi, je vous rejoins !
-Ca c'est de la rébellion...
-Sakura, on va se faire engueuler...

Sakura continua de le fixer en souriant et il finit par lui dire :
-Fiches le camp, tu vas avoir des emmerdes !
-Non, toi fiches le camp ! C'est mon territoire ici ! C'est à toi de partir !

Akira sourit et elle lui demanda, en riant :
-C'est comme ça que vous parlez, à Meishô, je crois, non ?
-En fait, on parle pas tant que ça.
-Vous parlez avec les poings ?
-C'est un peu ça...

Sakura pointa le doigt vers lui en souriant et lança :
-Et bien sache qu'ici, c'est mon territoire, alors si tu veux venir ici, tu dois demander la permission avant !

Akira sourit :
-Tu me provoques, Takanori ?
-Aaaah non, gémit-elle, pas Takanori, c'est affreux ! Sakura !
-Si tu veux. Takanori.

Il la regarda froncer les sourcils et finit par s'écarter d'un pas.
-J'y vais, lança-t-il. J'ai pas le temps de jouer avec toi.
-Menteur, tu glandes rien de tes journées.
-Toi, t'as un cours à suivre. Et tu vas pas vouloir monter tant que je serais pas partis, pas vrai ? Alors je vais te laisser gagner pour cette fois.

Il lui sourit et décida de se remettre en route. Sakura baissa les yeux, les joues un peu roses. Il s'éloigna vers la rue opposée, et entendit ses copines lui demander, en pouffant de rire :
-Alors c'était lui ?
-Sakura, tu es toute rouge, c'est mignon !
-C'est ce qu'on appelle un coup de foudre...
-Il est beau, hein ?
-...Oui...
Il ne put s'empêcher de se sentir flatté et sourit durant tout le trajet. Un coup de foudre, hein ?

Cette curieuse sensation d'apesanteur qui s'était emparée de lui disparut aussi soudainement qu'elle était venue quand il arriva dans sa salle de classe. Le bazar habituel le ramena à la réalité, et il se rappela qu'il en avait encore pour plus d'une semaine de corvées dans les pattes. Le surveillant général avait alourdi sa sanction quand il avait découvert qu'il n'avait pas fait le boulot qu'on lui demandait et qu'il était plutôt allé assister au combat de Minami. Akira avait haussé les épaules et n'avait pas cherché à protester. Après tout, qu'il fasse ce qu'il voulait, il s'en fichait. Une mauvaise annotation de plus ou de moins sur son carnet n'allait pas beaucoup aggraver son cas...
Il entra donc dans la salle de classe, pas très motivé, comme à son habitude. En poussant la porte, il vit que tout le monde était regroupé près de la fenêtre. Il fronça les sourcils. En général, il sentait venir les problèmes avant qu'ils ne soient arrivés. Un sixième sens, sans doute...
Saehara, qui était le plus proche de lui, se retourna en l'entendant entrer, et se précipita vers lui.
-Ishiyama !

Akira s'arrêta en le voyant venir vers lui et préféra rester à une distance respectable de lui, après tout, il faisait partie de l'équipe du premier rang.
-Qu'est ce qu'il y a ?
-C'était...c'était comme ça quand on est arrivé...

Akira fronça les sourcils et écarta les autres de son passage pour voir de quoi Saehara parlait.
On avait renversé de l'eau sur son bureau, ses livres, et toutes les affaires qu'il gardait ici. Son bureau avait été tagué, et l'inscription « Fuck Ishiyama » avait été gravée dans le bois de la table, comme une brûlure. Terada avait les bras croisés et regardait la scène du crime avec scepticisme. Minami lui même avait levé les yeux de son bouquin et regardait la table taguée avec un air soucieux. Akira s'approcha de la table et Terada lui jeta un coup d'½il sombre. Il essaya de garder son calme et lança d'une voix peu rassurante qui fit reculer le premier rang :
-Qui a fait ça ?

Personne ne répondit, ni ne bougea, mais tout le monde eu un mouvement de recul en le voyant commencer à s'énerver. Voyant que tout le monde restait silencieux, il haussa le ton :
-J'ai dit : qui a fait ça ?

Le silence autour de lui se fit encore plus lourd. Il inspira profondément, et sans crier gare, il envoya voler la table voisine d'un grand coup de pied au fond de la salle. Ceux qui étaient sur l'axe de trajectoire de la table firent un bond sur le côté pour l'éviter, mais il ne s'en occupa pas et pointa le tag du doigt en vociférant :
-Si quelqu'un sait qui a fait ça, qu'il aille lui dire que je vais l'exploser dès que je l'aurais trouvé, c'est clair ?
-Ishiyama, tu commences à faire le cirque dès le matin ? Qu'est ce que tu as à crier comme ça ?

Yamanami sensei venait d'entrer dans la classe et avait posé ses affaires sur son pupitre en le regardant s'égosiller. Akira ne répondit pas, lui lança un regard assassin, et sortit de la classe en envoyant voler au passage une chaise. Yamanami n'y prêta pas attention, et lança aux autres :
-Et maintenant, assis, on commence le cours. Minami, éteins moi ta cigarette.


Ses pieds le portèrent jusqu'à Desire sans qu'il s'en rende compte. Il ruminait sombrement. Ca n'était pas la première provocation de ce genre qu'il se prenait, ça, il s'en foutait. Mais que l'espèce de fumier qui avait fait ça lui ai fait un coup dans le dos au lieu de le provoquer en face, ça le rendait furieux. Il détestait les mecs qui faisaient ce genre de choses, les calculateurs et les fayots, qui n'étaient même pas capable d'assumer les conséquences de ce qu'ils faisaient. Ca le dégoûtait.
-Akira ? Qu'est ce que tu fabriques ici à cette heure ci ? Tu as un cours qui a sauté ?

Takashi s'était appuyé d'un bras sur son comptoir pour le voir arriver et l'observait avec étonnement. Akira s'assit en face de lui sans rien répondre et s'alluma une clope d'un geste brusque. Takashi sourit :
-Pas la forme ? Je te sers un truc fort ?
-Ouais, s'il te plait.
-Qu'est ce qui t'es arrivé ? demanda-t-il en lui remplissant son verre
-Rien, des conneries.
-Ah...ta copine t'as plaqué, c'est ça ?
-J'ai pas de copine.
-Bah, Tera chan avait dit que si, l'autre jour !
-Il s'invente des trucs tout seul.
-Ben qu'est ce qui t'es arrivé, si tu t'es pas fais lourder ?
-Je crois que j'ai des problèmes de sociabilité...
-C'est maintenant que tu t'en rends compte ?

Akira sourit d'un air mauvais et avala une grande gorgée de l'alcool fort que Takashi lui avait versé avant de se mettre à tousser parce qu'il était, justement, un peu trop fort.

Sakura n'écoutait pas vraiment ce que le professeur racontait, et laissait ses pensées vagabonder loin de la salle de classe. Elle appuyait sur le bouton pression de son stylo bille à un rythme régulier, sans y faire attention. Elle n'avait rien suivit au cours, et ne savait pas vraiment de quoi il était question. Elle commença à faire des petits dessins dans la marge de son cahier, des fleurs, des guitares, des notes de musique qui formaient un arc en ciel, et, sans y faire attention, inscrivit « Ishiyama Akira » sous les notes de musique. Elle releva la pointe de son stylo et regarda ce qu'elle avait écrit. Elle contempla les deux noms quelques secondes, puis dessina un c½ur à côté avec un sourire. Le coup de foudre, est ce que ça existait vraiment ?

Akira ne retourna en classe que dans l'après midi, lorsqu'il eu passé ses nerfs sur le comptoir de Desire, et surtout sur les cinq verres que Takashi lui avait servi. Terada et Minami ne firent aucun commentaires en le voyant revenir et il jeta un coup d'½il courroucé à sa table taguée. Si jamais il tenait l'enfoiré qui avait fait ça, il le tuerait lentement pour bien lui faire comprendre la douleur. Personne n'avait osé lui faire un coup aussi bas depuis le collège, on était toujours venu le provoquer en face, et il trouvait cette façon de faire beaucoup plus noble et respectable. Il se dit qu'il devait se tenir sur ses gardes. Les types qui taguaient les tables étaient du genre à glisser des aiguilles dans la rainure des livres ou à balancer des pierres dans le dos des gens. IL fallait qu'il reste prudent tant qu'il n'aurait pas trouvé qui avait fait ça. Et une fois qu'il l'aurait trouvé, il pourrait lui faire sa fête, devant tout le monde, pour qu'il serve d'exemple pour les autres. Pour que tout le monde se rappelle qu'on ne s'en tirait pas si facilement face à Ishiyama Akira.

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 09:23

Back to black part 8

Back to black part 8
Je m'excuse pour le manque de consistance du dernier post de Nymphetamine, je vais me rattrapper avec celui ci. Promis.

-TU SAIS CE QUE JE VIENS D'APPRENDRE ?
-J'en sais rien et je m'en fous...
-Mon frère m'a appelé pour me raconter comment était son nouvel appart, ET TU SAIS QUOI ?
-Reita a dit que j'étais un minus, et que les minus, ça devait mourir...
-Il a pris cet appart en colloc avec Uruha et Lydia san, pas vrai ?
-...il a peut être raison, peut être que je devrais déjà être mort depuis longtemps...
-Et bien Lydia san, tiens toi bien : ELLE EST ALLE MANGE DANS SON RESTAURANT !
-...je suis qu'un gros boulet, qui fait que gêner les autres...un boulet minus...
-Ruki, tu m'écoutes quand je te parle ?
-Hein ?
-Je viens de te dire que Lydia san était allé manger au restaurant de mon frère !
-Et alors ?
-Mais tu comprends rien ? Ca veut dire qu'elle est un suppôt de Jabba le hutt !

Ruki, assis par terre avec une bouteille de white spirit, releva la tête d'un air excédé, et demanda :
-Pardon ?

Yumi, se demandant pourquoi il ne comprenait rien à la gravité de la situation, lui expliqua :
-Il n'y a que des grosses mamies richissimes qui mangent dans ce restaurant ! Les femmes de Jabba le hutt ! Ca veut dire que Lydia san en fait partie !
-Et alors ?
-ET ALORS ? MAIS TOUT LE MONDE SAIT QUE C'EST JABBA LE HUTT QUI A FAIT RASER LE SIEGE DES ENTS ET AUTRES ARBRES LIBRES !

Ruki préféra s'en retourner à son suicide.

-Qu'est ce que tu fabriques ?
-...hm...je fais mon tirage...
-Tu joues au solitaire ?
-Je tire les cartes...


Uruha s'assit sur la moquette du salon et regarda Lydia tirer ses cartes en se grillant une cigarette. Il se déplaça légèrement pour pouvoir voir les cartes dans le bon sens.
-Alors ? Ca dit quoi ?
-J'ai un valet de trèfle inversé...
-Et alors ? C'est bon ou c'est pas bon ?
-C'est le professeur Kozuki.
-De qui ?
-Mais je ne sais pas ce qu'il fait là...
-Comment tu le sais ?

-Valet de trèfle inversé : un jeune homme brun, qui aura des obstacles pour se marier. Il manque de réflexion et d'économies. Remarques, ça pourrait tout aussi bien être toi...
-Je ne manque pas de réflexion. Et qu'est ce qui va se passer, alors ?
-Il est à droite du sept de trèfle, là, tu vois ?
-Oui.
-Ca veut dire qu'il va me mettre dans l'embarras.
-Kozuki ?
-Celui qui est représenté par le valet de pique.
-C'est peut être aussi Kai...

Lydia sortit de sa concentration et pouffa de rire.
-Je crois que c'est plutôt le contraire avec lui !
-Alors tu sais lire l'avenir ?
-Je suis pas un horoscope. Je tire les cartes. Nuance.
-Comment tu as appris à faire ça ?
-Ma mère savait le faire.
-Aaaah. Dis ? Tu veux pas me les tirer, voir ?

Lydia sourit :
-Tu es sûr ?
-Pourquoi, y a des risques d'être hanté par un fantôme maudit ?
-Tu pourrais apprendre des choses tout à fait désagréables.
-J'y crois pas de toute façon.
-Comme tu veux.

Lydia ramassa ses cartes, les battit, et lui présenta le tas.
-Coupe. Main gauche.
-Pourquoi gauche ?
-La main du c½ur.
-Roooh, c'est mignon...
Lydia aligna les douze cartes du tirage, et les retourna.
-Ah, c'est bon, la carte du consultant y est...
-La quoi ?

Elle lui désigna valet de trèfle.
-Tu vois là ? C'est toi.
-Pourquoi c'est moi ?
-Pour les cartes de consultant, le valet de trèfle représente un jeune homme brun. Donc c'est toi.
-J'ai pas compris.
-C'est pas grave.

Lydia déchiffra rapidement les significations, calcula les rencontres, et fronça les sourcils. Kai choisit ce moment pour entrer dans la pièce et demander de son air ingénu:
-Qu'est ce que vous faites ?

Uruha sourit :
-Il ne manque plus que « les amis ». Les types comme toi c'est censé dire « qu'est ce que vous faites, les amis ? ».
-C'est bon, je m'en vais !
-Lydia me tire les cartes.
-Pour quoi faire ?
-Pour savoir quand est ce que je vais devenir millionnaire. Mais à voir sa tête, je crois qu'il va m'arriver une tuile.
-Je peux regarder ?
-T'es chez toi. Alors, mademoiselle frigidaire ? Je vais mourir ? Je vais devenir chauve ?
-T'as des trucs assez prévisibles...
-Genre ?
-Sept de pique, à droite du c½ur : amourettes sans suites, dix de trèfle et neuf de pique : retard dans la rentrée d'argent...
-Je te remercie pour le « prévisible »...
-Et tu as deux rois...
-C'est mauvais ?
-Non, c'est très bon. Réussite dans un projet durable. Un « projet durable » ? fit elle avec un sourire ironique. Tu as décidé de devenir strip teaser ?
-Non. Moine. Et c'est tout ?
-C'est tout.
-Ca m'a l'air pas mauvais, dis moi !
-Et moi ? demanda Kai. Et moi, je peux le faire ?


Kai passa l'après midi à bouder dans sa chambre pendant que les deux autres hurlaient encore de rire à côté. Il n'aurait jamais cru avoir autant de poisse. Il entendit Uruha hoqueter, depuis le salon :
-Et la troisième ? Elle était trop bonne !
-Valet de carreau inversé ! fit Lydia qui pleurait de rire. Mauvaise nouvelle, mariage décevant, ennuis et malchance dans la maison et dans les affaires !
-Muahahahaha !


Vers vingt heures, Lydia toqua timidement à sa porte de chambre.
-Kai ? Tu ne devais pas aller travailler ?

Il ne répondit pas. Elle poussa la porte et passa la tête par l'entrebâillement en souriant.
-Tu vas finir par être en retard.
-A quoi ça sert que j'aille travailler ? Puisque j'ai la poisse !

Lydia eut un petit rire et alla s'asseoir au bord de son lit. Il était tellement perturbé qu'il ne pensa même pas à se reculer par sécurité. Il était anéanti. Il avait la poisse, c'était indéniable. C'était une malédiction....
Lydia essaya de le raisonner :
-Je suis pas médium confirmée, ni madame Irma, j'ai pu me gourer...
-Et si c'était vrai ?
-Vois le bon côté des choses : puisque tu es prévenu, tu vas pouvoir faire ce qu'il faut pour éviter l'accomplissement de ce que les cartes ont prédit.
-Et comment ?

Lydia compta sur ses doigts :
-« Un ennemi dans votre entourage ». Hum, je pense que c'est la concierge de l'ancien immeuble...
-Pour Yumi ?
-Ca doit... « Mariage décevant »...ça doit vouloir dire que tu vas devoir te décoller de Zorro pendant un moment...
-Je ne veux pas me marier avec Reita ! protesta-t-il, indigné
-Mais lui, il veut, il va falloir s'y faire. « Rencontre de mauvaise augure ». Mmmh...Tu traînes souvent avec Uruha ?
-Pourquoi ça ?
-Si tu l'accompagnes dans sa tournée des bars, tu vas vite fait en faire, une rencontre de mauvaise augure...
-C'est peut être autre chose !
-Tu prends pas ça trop au sérieux ?
-Je le prendrais moins au sérieux si tu me disais que tu avais fais exprès de prendre des mauvaises cartes !
-D'accord, ok, tu sa raison, « j'ai fais exprès de prendre des... »
-Menteuse !
-Ah mais t'es vraiment pas possible, toi ! fit elle en s'énervant soudain. Tu vas arrêter de te monter la tête tout seul ?
-M...mais c'est toi qui...
-Arrête de bégayer !
-Je...je...ne bé...bé...bégaye pas du t...t...tout...
-M'enfin, Lydia, intervint Uruha, tu vois pas que tu le terrorises ?
-Oui, ben moi je vais te guérir de ta maladie, messire timide, ça va être vite réglé !

Elle sauta du lit et sortit de la chambre précipitamment. Uruha fronça les sourcils et la suivit dans le salon. Kai, un peu perdu, et même anxieux, demanda d'une petite voix :
-Où...où est ce que vous allez ?

Uruha la regarda attraper son portable et lui demanda :
-Tu fais quoi au juste ?
-Je vais guérir messire timide.
-Comment tu vas faire ça ?
-La manière forte !


Kai regardait le formulaire avec un air rechignant. Il tripotait son stylo dans ses doigts et n'arrivait pas à en approcher la pointe du papier. Derrière lui, Uruha et Lydia se regardaient avec scepticisme, se demandant s'il allait finir par écrire quelque chose.
Il finit par se retourner vers eux et leur demander :
-Je suis vraiment obligé de faire ça ?

-Le professeur Kozuki m'a dit qu'elle était plutôt douée. trancha Lydia. Elle va te guérir de ta peur des filles en deux temps trois mouvements.
-Mais...mais vous êtes surs que je dois aller voir une entremetteuse ?
-Si t'y vas pas maintenant, t'iras jamais ! déclara Uruha, catégorique. Alors scribouilles moi ce bout de papier en vitesse !
-Mais si elle me trouve une fille qui ne me plait pas ?
-C'est à ça que sert le formulaire, à cerner ta personnalité !
-Mais si le rendez vous se passait mal ?
-Ca ne se passera pas mal, si tu restes calme, ça ira comme sur des roulettes !
-Mais si j'ai envie d'aller aux toilettes ?
-Tu feras comme tout le monde, t'iras au WC.
-Mais si...
-Y a plus de mais ! coupa Lydia. T'as tout ce qu'il te faut, du papier, un stylo, alors tu me remplis ta paperasse , on la poste et on en parle plus !
-Mais je serais obligé d'y aller tout seul ! protesta-t-il d'une voix où on sentait percer la panique. Tout seul en rendez vous avec une fille que je connais même pas ! Qu'est ce que je vais lui dire ?
-On avisera au moment donné...
-On t'écrira ton texte !
-Maintenant, remplis ta feuille, putain !
Kai inspira à fond, posa la pointe de son stylo sur le papier et commença à écrire.

Nom, prénom : Yutaka Uke

Âge : 23 ans

Profession : serveur

Revenus mensuels :

Kai s'arrêta d'écrire et lança à l'adresse des deux autres :
-Y a une question que je ne comprends pas !

Uruha releva le nez de son verre de bière en maugréant « mais il le fait exprès ». Lydia se chargea de répondre aux questions.
-Pourquoi je dois mettre mon salaire ?
-Pour voir quels sont tes moyens. Pour éviter de te refourguer avec une riche héritière.
-J'ai pas le droit ?
-Ses parents seraient pas très d'accord...
-Ah bon. D'accord.

Il se remit à écrire.

Diplômes : Université de Tokyo, gestion

Vous habitez :
-au domicile de vos parents
-en appartement
ü -en collocation

Votre situation maritale :
-A été marié(e)
ü -N'a jamais été marié(e)
-Est en cours de divorce

Votre situation familiale :
-Vous avez des enfants
ü -Vous n'avez pas d'enfants

Centres d'intérêts :

-Pourquoi je dois mettre mes centres d'intérêts ?
-Pour pas qu'on te colle une fille qui aime la boxe.


Vingt minutes plus tard, le questionnaire était rempli. Uruha le vérifia avant de le mettre dans l'enveloppe.
-Pourquoi à « type de personne recherché » tu as mis « quelqu'un de gentil » ?
-Parce que je ne veux pas qu'on se moque de moi si je bégaye !
-Tu ne bégayeras pas ! essaya de le rassurer Lydia.
-T'aurais dû mettre que tu voulais une nana bien roulée. Sinon, ils vont te mettre un cageot.
-Tu crois ?
-J'en suis même sûr. C'est à ça que servent les entremetteuses : à caser les cas désespérés.
-Rends moi ma feuille, je vais corriger !
-Trop tard, ce qui est fait est fait, je vais la mettre dans la boîte !

Kai attendit que Uruha ai enfilé son manteau et soit sortit poster la lettre pour se tourner vers Lydia et lui demander :
-Ils ne vont pas me mettre un cageot, hein ?

Lydia lui tira la joue.
-Mais non, ils ne te mettront pas de fille moche !
-C'est une mauvaise idée, votre plan, là. Je sens venir le coup foireux !
-Pourquoi ça foirerait ?
-Ca n'a pas marché pour ton professeur d'histoire géo, pas vrai ?
-Oh, tu sais, Kozuki est sûrement un peu difficile...
Kai fronça les sourcils :
-Ou alors, il a peut être quelqu'un d'autre en vue ?
-Aaaah, soupira Lydia, je suis sûre que c'est moi...
-Ah bon, tu crois ?
-J'en sais rien !

Sur ce, elle décida de retourner finir son paragraphe argumenté. Kai la suivit dans le living et s'assit sur le canapé à côté d'elle :
-Pourquoi tu prends toujours tout à la légère ?
-Comment ça à la légère ?
-Si ça se trouve, il vraiment des vues sur toi, le professeur !
-Et alors ?
-Et ben, alors...c'est peut être pas pour rien qu'il t'a invité au restaurant l'autre jour ?
-Je m'en doute...
-Et il va peut être vouloir te ramener chez lui ?
-Au moins, je n'aurais plus de problèmes de collocation ! fit elle en riant.

Kai ne sourit pas le moins du monde et lui demanda :
-C'est vrai ? Tu veux t'en aller ?
-Ah, qu'est ce que j'aimerais ça, moi ! Me marier avec un beau mec comme Kozuki et me laisser entretenir tout le reste de ma vie ! N'avoir rien d'autre à faire que se pouponner et aller faire du shopping ! Ah, le pied !

Devant la mine dépitée de Kai, elle lui tapa sur la tête en lançant :
-Mais je rigole, andouille ! Tu prends toujours tout au sérieux, toi !
-Mais oui, mais bon, moi je demandais ça juste comme ça...marmonna-t-il
-Je ne vais pas m'en aller ! Quoi que, si Kozuki me le proposait...
-Tu vois, tu le penses vraiment !

Lydia sourit :
-Tu serais pas un peu jaloux, Kai chan ?

Elle avait lancé ça juste pour le plaisir de le voir devenir écarlate et balbutier tellement qu'elle ne comprenait plus rien de ce qu'il disait.
-Je te charrie, débile !
-C'est pas drôle !
-C'est pour t'entraîner ! Faudra pas bafouiller comme ça à ton rendez vous pour une question aussi bête, sinon la fille va se sauver en courant ! Prends exemple sur Uruha !
-Sur Ruwa ?
-Oui. C'est un alcoolo, mais il a la classe. C'est un gentleman quand il s'y met.
-Je dois faire comme lui ?
-Evites juste de picoler autant et se sera parfait !
-Tu trouves qu'il fait gentleman ?
-Carrément. Ca me fait rêver de lui la nuit.
-C'est vrai ?
-Non. Allez, exerce toi, fais comme Uruha, et fais ton tombeur. Je fais le cobaye, si tu veux. Imagines que tu es en rendez vous, il faut sortir une phrase de tombeur comme Uruha sait le faire. Essaye !

Kai s'assit en face d'elle, chercha quoi dire pendant quelques secondes, rougit en la regardant, et regarda ailleurs :
-J'y arrive pas.
-C'est parce que c'est de la mauvaise volonté ! Je suis sur qu'avec ta tête d'ange, tu peux faire des miracles ! Allez, un peu de nerfs, t'es un mec, oui ou non ?
-Oui, bon, bon, d'accord, j'essaye...euh...Lydia ?
-Ouiiii ? fit elle d'une voix mièvre
-Tu veux aller...au...euh...
-Mais non, pas comme ça ! intervint Uruha qui revenait de la boîte.
-C'est ce que je lui disais !

Il s'assit avec eux et déclara :
-Tu hésites beaucoup trop, il faut paraître sûr de soi, sinon tu passes pour un amateur et un boulet !
-Ecoutez le professeur...
-Tiens, regarde, je te fais une démo ! Lydia ! fit il en lui attrapant les mains
-Ouiiii ?
-Depuis qu'on s'est croisés dans ce couloir, je ne penses plus qu'a aller danser avec toi sous les sunlights de l'amour, et à t'emmener avec moi jusqu'au bout du monde !
-Les « sunlights de l'amour » ? ricana Lydia
-Eh, c'est ton tour, dis ton texte !
-Oh, Uruha, c'est si romantique, depuis le temps que j'attendais que tu me le demandes !
-Et avec un coucher de soleil en prime ! ajouta-t-il à l'adresse de Kai. Là, tu l'as dans la poche. Tu as compris ?

Kai n'avait pas l'air convaincu :
-J'y arriverais jamais !
-Tu veux qu'on appelle Reita ? T'y arriveras peut être mieux en t'entraînant sur lui ?
-Comment ça « sur » lui ? ricana de nouveau Lydia
-Mais arrêtez avec ça !

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 09:00

Nymphetamine part 8

Nymphetamine part 8
Yaouououh, internet fonctionne, c'est une joie! Surement autant pour moi que pour vous,j'imagine...pour ceux qui demandaient, je pense remettre bientôt un nouveau post de The Wrong Lane, je n'ai pas eu beaucoup d'inspiration pour cette fic depuis quelques temps, mais je vais me rattrapper, l'inspiration revient avec leur nouveau PV arf. En attendant, huitième partie de Nymphetamine...pas très longue, j'en conviens, je me rettraperais plus tard...

-Aki ? Tu dors encore ?
-...
-Oh, Aki ! Il est dix heures ! On a dit qu'on irait à la plage !
-Hein ? Que...

Aki se réveilla difficilement, sortit de force de son sommeil par des coups contre la porte de plus en plus insistants. Il se frotta les yeux et essaya de se tourner sur le côté pour voir sur le réveil quelle heure il était vraiment. Mais quelque chose pesait sur lui, et le gênait dans son mouvement. Il baissa les yeux.
Gabrielle dormait profondément, sa tête et sa main gauche posées sur sa poitrine, ce qui l'empêchait de bouger trop brusquement. Il resta hébété quelques secondes, étonné d'avoir une fille dans ses bras, qu'il ne se rappelait pas avoir ramenée ici, et se souvint qu'il s'agissait en fait de la fille morte de son hôte. Sa peau était toujours aussi froide...
-Oh, Aki, tu te lèves ou il faut que je te tire du lit ?
-Qu...heu...deux secondes, je...
-Mais qu'est ce que tu fabriques ? demanda Shinji en faisant tourner la poignée de la porte
-Non, attends ! fit Aki, paniqué

Shinji entra dans la pièce avant qu'il n'ai eu le temps de dissimuler Gabrielle. Son c½ur battit la chamade pendant les quelques secondes terribles où Shinji le fixa d'un air incrédule. Est ce qu'il pouvait la voir, lui aussi ?
-Et ben, pourquoi tu cries comme ça ? T'as encore fais un cauchemar ? Ca s'arrange pas dis moi...

Aki réprima l'envie de pousser un soupire de soulagement et répondit :
-On rentre pas comme ça, sans frapper.
-J'ai frappé je sais pas combien de fois, et t'as rien entendu !
-J'aurais très bien pu être en train de m'habiller !
-Mouais. Tu parles. Je sais très bien ce que tu faisais.
-Quoi ? fit il en s'inquiétant de nouveau
-Tu lisais des bouquins porno, avoue !

Aki lui balança un coussin dans la figure pour le faire sortir. Même si ça valait mieux que Shinji croit ce genre de choses, il n'avait pas très envie que tout le monde en vienne à penser qu'il lisait des magazines pornos. Il attendit que la porte se soit refermée pour se tourner vers Gabrielle. Le chahut ne l'avait pas réveillée. Il sourit. Il se redressa lentement et écarta doucement son corps du sien pour pouvoir se lever sans la réveiller. Il la recouvrit précautionneusement de sa couverture, qui avait glissé pendant qu'elle dormait, et se tira difficilement du lit. Il n'avait pas vraiment envie de se lever. Il serait bien resté couché...

Il n'eut pas vraiment la tête à ce qu'il faisait en prenant son petit déjeuner, et n'écouta que d'une oreille distraite Yuya raconter son rêve, dans lequel la nourriture mangeait les gens. Tout ce babillage bassement matériel et débile ne l'intéressait pas, ne l'intéressait plus. Il y avait quelque chose de bien plus intéressant qu'une omelette dévorant Yuya dans cette maison. Il était en train de vivre une expérience hors du commun, un phénomène que même les plus grands scientifiques ne parviendraient pas à expliquer. Un truc de fou, qu'il devrait garder pour lui. Personne ne le croirait s'il allait raconter que Gabrielle était toujours là. Et tout le monde le jugerait complètement dérangé en apprenant qu'il était en train de s'énamourer d'une morte. Dans tous les cas, on le prendrait pour un fou. Et Aki pensa qu'il avait peut être bien commencé à perdre la raison. Après tout, qu'est ce qui lui prouvait que ce qu'il voyait était vrai ? Qu'est ce qui lui prouvait que Gabrielle n'était pas le fruit de son imagination ? Qu'il n'était pas en train d'essayer de rendre réel, par elle, un désir profondément refoulé en lui ?
Aki était en train de se demander quel degré la folie avait atteint en lui pour qu'il en arrive à croire dur comme fer qu'il avait une relation avec une morte quand Dominique entra dans la cuisine. Il le regarda saluer les autres et se servir du café en souriant. Que se passerait il si il laissait échapper qu'il avait passé la nuit avec sa fille décédée ? Comment le vieux bonhomme pourrait il bien réagir ?
Poussé par une soudaine impulsion, venue d'on ne sait où, il lança soudain, en coupant Mao dans sa phrase :
-Au fait, Dominique, quand est ce que vous avez dit que votre fille devait rentrer, déjà ?

Ce fut comme si la pièce s'était refroidie en un dixième de secondes. Les trois autres tournèrent immédiatement leurs têtes vers lui, dans un mouvement parfaitement synchronisé, avec des expressions choquées sur le visage. Le vieux monsieur, en revanche, se reprit plus vite que les autres :
-Elle a décidé d'allonger un peu son séjour, je crois qu'elle va rester deux semaines de plus là bas...
-Où est ce qu'elle est partie ? demanda Aki, sans tenir compte de l'air offusqué de Mao
-En Allemagne...
-Ah bon, votre fille parle allemand ?
-Non, pas du tout, mais elle est partie avec des amis. Pourquoi cette question ?
-Oh, comme ça, c'est juste que j'aurais bien aimé la rencontrer avant de partir...Juste pour savoir comment elle était...

Dominique afficha un sourire doux et répondit :
-Elle est très gentille. Je suis sûr que vous seriez très bien entendus !

Aki hocha la tête, sans sourire, et se leva pour remonter là haut. Il savait bien que les autres allaient commencer à discuter sérieusement à son sujet, mais il s'en fichait. Il voulait trouver comment tout cela était possible. Il y avait maintenant quelque chose qui l'intriguait, qui le perturbait et qui commençait à l'obséder au plus haut point.

Gabrielle l'intriguait, le perturbait, et l'obsédait. Son visage de poupée qui contrastait avec le décor morbide qui l'entourait l'intriguait. Le fait qu'elle n'ai jamais le moindre vêtement sur elle, ou qu'elle surgisse n'importe quand devant lui le perturbait. Sa personne toute entière l'obsédait. Comment était il possible qu'il soit le seul à pouvoir la voir ? Comment était il possible qu'il arrive à la toucher, à la comprendre alors qu'elle parlait sûrement français, et comment était il possible qu'il vive ce phénomène comme si de rien n'était ?
Bien sûr, il avait eu peur. Mais maintenant, sa crainte et son épouvante avaient disparus. Sa curiosité était bien plus forte que tout le reste. Il y avait beaucoup trop de choses qu'il voulait savoir. Gabrielle lui avait demandé de ne pas partir. Et il avait l'intime conviction que lui même serait incapable de quitter la maison tant qu'il n'aurait pas éclaircit certaines choses.

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 08:13