God forsaken part 6

God forsaken part 6
J'ai, par ce chapitre, l'honneur de vous annoncer une grande nouvelle: suite à de nombreuses demandes, j'ai décidé d'écrire une suite à Wonderland. Elle ne sera pas publiée tout de suite (13 pages seulement de rédigées jusqu'ici) mais c'est pour bientot. En attendant, partie 6.

Il décida d'aller traînasser devant Tomori après avoir fini les cours. Peut être que si il apprenait un peu plus à la connaître, il s'apercevrait que c'était une vraie conne et il arrêterait de rêver d'elle la nuit...Et puis, il fallait bien avouer qu'en ce moment, si on mettait à part son problème personnel, il n'y avait aucun règlement de comptes digne d'intérêt à Meishô qui puisse le divertir, et il avait aussi un peu envie de la voir. Terada, toutefois, sembla décidé à passer la soirée avec lui, c'était des choses qui arrivaient, comme ça, de temps en temps, Terada décidait qu'ils devaient passer une bonne soirée entre potes pour ressouder les liens de la bande. Minami n'accompagnait que parce qu'il s'ennuyait, et puis qu'il les aimait bien quand même, même s'il ne le disait jamais. Akira répondit donc, lorsque Terada annonça qu'il voulait aller boire un coup avec eux sur le port :
-Désolé, sempai, j'ai autre chose à faire avant.
-Quoi ? Tu sais qui est le taggueur ? demanda Terada avec le plus grand sérieux
-Non, je voulais passer à Tomori.
-C'est quoi, ça ?
-Le lycée dans le quartier à coté.

Terada et Minami se regardèrent avec incompréhension.
-Pour quoi faire ? demanda Terada
-Je vais voir Sakura.

Terada ne sembla pas comprendre davantage, mais Minami sourit et demanda :
-Sakura ? Takanori Sakura ?
-C'est ça.
-La fille du vice président ?
-Ouais.
-Hein ? fit Terada l'air d'avoir mal entendu
-Pourquoi pas ? continua Minami sans s'occuper de lui. Elle pourrait venir avec nous ?
-Tu crois ?
-Une fille dans la bande, ça pourrait être bien.

Akira sourit à son tour. Minami avait réglé la question en cinq secondes, alors qu'il avait passé plusieurs jours à se demander comment considérer la relation qu'il avait avec elle. Il n'était pas obligé de la voir comme une tentation ou une épreuve quelconque. Ils pouvaient tout simplement être amis...

Ils allèrent donc se planter devant la grille de Tomori quelques minutes plus tard, une fois que la cloche eut sonné et qu'ils aient réussi à faire passer Akira en clandestin, au nez et à la barbe du surveillant général, qui n'avait pas oublié qu'il lui restait encore plusieurs jours de corvées avant d'avoir fait toute sa punition. La cloche de Tomori sonnait, le matin, plus tôt que la leur, et le soir, plus tard. Akira se demanda si Sakura était encore là. Peut être qu'elle n'avait fait que se promener avec ses amies entre deux cours, sa journée n'était peut être pas terminée. Lorsque la sonnerie (beaucoup moins stridente que celle de Meishô) retentit, un quart d'heure plus tard, ils furent très amusé de voir les têtes horrifiées des étudiants qui sortaient et les voyaient adossés contre leur grille, avec la batte de base-ball et le bogen à la main. Terada avait insisté pour ramener son bogen. Il trouvait que ça lui donnait un air cool. Minami avait encore sortit un de ses livres, mais n'avait pas l'air plus rassurant que les deux autres pour autant, et ses cheveux blonds lui donnaient un air de fûryo. Akira s'appuya négligemment contre le muret et observa la foule du coin de l'½il, en essayant de repérer Sakura. Il finit par apercevoir une de ses copines, un peu plus loin, celle qui avait des cheveux colorés en châtain et des couettes, et il tendit le cou pour apercevoir la petite aux cheveux noirs. Sa copine se rendit compte qu'il était là avant qu'il ai eu le temps de trouver la personne qu'il cherchait, à la base. Il lui adressa un petit signe de tête, et la vit afficher un air de stupéfaction effrayée. Puis, elle se carapata dans la foule. Akira poussa un soupir agacé. Qu'est ce qu'elles avaient, toutes, à avoir la trouille, comme ça ? Il ne leur avait rien fait ! Mais il la vit revenir dans leur direction, et vit aussi qu'elle tenait Sakura par la main et lui chuchotait précipitamment quelque chose à l'oreille d'un air surexcité. Sakura n'avait d'abord pas l'air de comprendre ce qu'elle disait, puis elle afficha un grand sourire et lança des regards autour d'elle. Sa copine lui désigna l'endroit où Akira se trouvait et celui ci lui sourit lorsqu'elle tourna la tête dans sa direction. Sakura lui adressa de grands signes de la main et se hâta vers lui.
-C'est elle, non ? lui demanda Minami
-Oui.
-Tu crois qu'elle a des copines mignonnes ? lui demanda Terada
-T'as qu'à lui demander.

Sakura s'arrêta devant lui, ses deux copines restant prudemment derrière elle, et lui demanda en reprenant son souffle :
-Qu'est ce que tu fais ici ?
-Je suis passé te dire bonjour.
-Comme ça ? Sans raison ?
-J'ai besoin d'une raison ?
-Non, c'est très bien comme ça !

Il lui sourit et, comme Terada lui flanquait un coup de pied, fit les présentations :
-C'est mon sempai, je crois que tu te souviens de lui ?
-Le type à la grosse voix qui m'a fait une allée d'honneur ? Oui je me souviens ! fit elle en souriant
-Je suis pas « le type à la grosse voix » ! Je suis Terada Mitsuhiro! précisa l'intéressé
-Et ça, c'est Minami, tu te rappelles de lui aussi ?
-C'est toi qui tapais sur le géant ?

Minami acquiesça et se présenta rapidement, de sa manière élégante qui fit, manifestement, fondre les copines de Sakura :
-Minami Tohru. Enchanté.
-On se demandait si tu ne voudrais pas venir boire un verre avec nous. déclara Akira. Si t'as rien d'autre à faire.

Les copines de Sakura se mirent à glousser d'un petit rire énervant en entendant ça, et Sakura, un peu gênée de leur conduite, passa une mèche de cheveux derrière ses oreilles et répondit :
-Boire un verre ? Oui, pourquoi pas...où ça ?
-Ben...fit Akira en se tournant vers Minami
-On peut quand même pas aller à Desire...fit Minami à voix basse
-Qu'est ce que c'est Desire ?
-Le meilleur bar de la région, ma cocotte, jamais de ta vie t'as du voir un truc pareil ! intervint Terada
-Euh...peut être pas, sempai...
-Eh, vous vouliez qu'on soit copains, non ? lança Terada. On descend toujours à Desire, c'est un endroit cool, jamais d'embrouilles là bas !
-Ca à l'air marrant...ok, d'accord, on va là bas dans ce cas !

Akira sourit, passé l'effet de surprise, et Minami haussa les épaules.
-Adjugé vendu ! Vous venez avec nous, les filles ? lança Terada aux copines de Sakura qui étaient restées à rigoler derrière.
Celles ci s'arrêtèrent de rire immédiatement et essayèrent de protester « oui, mais non, on a pas vraiment le temps, mon père ne sait pas où je suis, j'ai du travail... ».
-Oh, allez, Rika chan, Miyu chan, venez quoi, ça va être amusant ! insista Sakura
-Le meilleur bar de Sapporo, mes cocotes, vous m'en direz des nouvelles ! fit Terada en passant un bras autour du cou de chacune.

Minami soupira et partit en tête, Terada braillant à l'arrière et mettant les filles mal à l'aise. Sakura se rapprocha d'Akira et marcha à côté de lui.
-Alors comme ça, vous vouliez qu'on vienne avec vous ?
-On dirait bien.
-Vous faites ça souvent ? Recruter des filles dans les autres lycée ?
-Non, pas vraiment.
-C'est parce que vous n'en avez pas chez vous, avoue !
-Ils étaient pas censés être avec moi, fit il en désignant Terada et Minami d'un signe de tête.
-Mais c'est plus marrant avec tes potes, non ? Ca aurait eu des allures de rancard sinon.

Akira sourit et s'alluma une clope.

Si Rika et Miyu affichèrent une expression d'épouvante en entrant à Desire, Sakura ne put retenir un « Wouaaaaaaaaah » d'admiration. Terada n'avait pas lâché les deux autres et leur faisait la visite guidée en commentant d'une voix tonitruante tout ce qu'il voyait. « C'est le flipper ! ». « C'est l'écran géant ! ». « C'est le comptoir ! ». Minami était déjà accoudé au bar quand ils arrivèrent à son niveau. Naturellement, les têtes se tournèrent sur le passage des trois filles, qui portaient encore leur uniforme, et qui avaient l'air très inoffensives dans ce décor, voir un peu exposées. Akira fronça les sourcils en voyant deux types de terminale à Meishô se donner des coups de coude explicites, et l'un d'eux lancer un sifflement déplacé à l'adresse des filles. Il passa son bras autour des épaules de Sakura et expliqua, lorsqu'elle tourna son visage étonné vers lui :
-Si on voit que vous êtes avec nous, vous vous ferez pas embêter.

Sakura eu l'air de réfléchir, et son expression d'intense réflexion était assez comique. Puis elle sourit et répondit :
-Donc y aura pas d'embrouille si je joue le jeu !

Akira sourit.
-C'est ça.

Ils allèrent s'asseoir au comptoir, où Minami était déjà aux prises avec Chieko, et Terada tapa un grand coup du plat de la main sur le bar en gueulant :
-Fais péter le saké, Taka sama !

Takashi n'eut pas l'air plus étonné que ça de voir Terada avec deux jeunes filles de bonne famille. En revanche, il eu l'air de ne plus rien y comprendre en voyant Akira qui avait toujours son bras autour du cou de Sakura. Il hocha la tête d'une façon incrédule et comique, puis eu l'air de penser qu'il ne devait pas essayer de comprendre, et se pencha pour prendre les commandes. Sakura se mit à rire en voyant Rika et Miyu froncer le nez lorsqu'il s'approcha d'elles pour leur demander ce qu'elles voulaient boire. Minami se débattait furieusement pour échapper à l'étreinte de Chieko, et Takashi se tourna vers Akira en demandant :
-Akira, bière je suppose ?
-S'il te plait.
-Et la demoiselle ?
-Idem !

Takashi n'eut pas l'air de comprendre et lui demanda :
-Pardon ?
-Euh...mince, fit elle à Akira, comment vous dites, vous, déjà ? Ah oui ! La même chose patron ! Et que ça saute !

Takashi eu l'air encore plus sonné de voir une gamine comme elle lui parler comme ça, et Akira eu envie de rire quand il vit son expression légèrement inquiète et le grand sourire réjoui de Sakura. « La même chose patron ! ». Personne n'avait jamais parlé comme ça à Taka sama !
Il leur fit glisser leurs verres une fois qu'ils furent prêts, et Chieko se désintéressa soudainement de Minami en voyant les verres approcher.
-Mais c'est mon verre ! protesta Minami en la voyant tout siffler. Rends le moi, espèce de nympho psycho !

Chieko avala une ou deux gorgées de plus et lui rendit son verre à contrec½ur. Elle se lécha les lèvres et sembla se rendre compte qu'il y avait de nouveaux visages au comptoir.
-Mais...qui c'est tout ça ? demanda-t-elle
-Nos nouvelles amies ! répondit Terada
-Dis pas de conneries, Tera chan, des filles comme ça, avec des têtes aussi bien élevées, t'as dû les enlever, c'est pas possible !
-Parce que d'après toi je suis pas capable d'emballer les jeunes filles de bonne famille ? Tu te crois meilleure ?
-S'aurait été Nami Nami, j'aurais compris, mais là...Bah ? Et toi aussi, Kira Kira ?

Sakura fut secouée de fou rire en entendant le Kira Kira destiné à Akira, et celui ci demanda :
-Moi aussi quoi ?
-Depuis quand tu ramènes des filles ? Tu as suivis mon conseil ? Ah, tiens, tu vois bien que j'avais raison, il ne faut jamais croire Taka sama !
-Son conseil ? demanda Sakura en souriant
-Une vieille histoire.
-En tout cas, lança-t-elle à Rika et Miyu, qui avaient l'air très mal à l'aise, Nami Nami est à moi, alors restez gentiment avec Tera chan, et on sera bonnes copines !

Rika et Miyu ne cherchèrent pas à protester, ni même à répondre, et hochèrent rapidement la tête de haut en bas en signe d'approbation.
-C'est qui, cette fille ? demanda Sakura
-C'est Chieko.
-Une copine à vous ?
-Plus ou moins. C'est la danseuse vedette de la boîte de strip-tease qui est en bas de la rue...
-Wouaaaaaaaah...

Akira se mit à rire. Aucune fille normale n'aurait fait « wouaaaaaah » en s'apercevant qu'elle était assise avec une strip-teaseuse, et aurait plutôt regardé la strip-teaseuse en question avec mépris et dégoût.
Sakura siffla sa bière à une vitesse alarmante, et en commanda une deuxième avant qu'il n'ai eu le temps de finir la sienne. Il la regarda avec un sourire amusé :
-Tu te lâches tant que ton papa n'est pas là pour te surveiller ?
-Non, je me lâche parce que je sais que si jamais je suis cramée, y a quelqu'un pour me surveiller !
-Moi ?
-Bingo !
-Je crois pas, non !
-Pourquoi ? T'es un grand picolo ?
-Je veux pas avoir à te ramener chez toi !
-Ha haaaaa, tu as peur du terrible vice président !

Akira sourit et se grilla une nouvelle cigarette. Sakura attendit qu'il l'ai allumée, puis la lui ôta de la bouche et en tira une bouffée.
-Tu fumes ?
-Pas du tout ! Mais je m'initie...c'est ce qu'il faut faire dans ce genre d'endroits, non ?
-Comment ça ?
-C'est genre « Sex, drugs & rock'n'roll » ici !
-C'est pas faux.
-Ok, donc initiation, me voilà ! Beuh, c'est dégueulasse !

# Posted on Sunday, 29 November 2009 at 11:41 AM

The Wrong Lane, part 14

The Wrong Lane, part 14
La voici la voilà, la suite de cette histoire...pas aussi joyeuse que les autres!!! Partie 14!

Sion partit le lendemain matin, comme il le lui avait demandé. Elle emporta toutes ses affaires, et serra tout ce qu'elle pouvait dans le coffre de la voiture de Lucy, qui n'avait fait aucun commentaire lorsqu'elle lui avait dit qu'elle retournait dans leur ancien appartement. Lucy n'avait pas posé de questions. Le visage fermé et éteint de Sion parlait pour elle. Elle n'avait pas eu l'indécence de lui servir du « je te l'avais bien dis ! ». Elle ne comprenait que trop bien ce que Sion était en train d'endurer. Sion avait le c½ur en morceaux, et cette expression, ce visage signifiant clairement qu'elle n'attendait plus rien de la vie, cet air malheureux dont elle avait eu tant de mal à se débarrasser était revenu glacer ses traits. Sion n'avait plus envie de vivre. Et tout ça pour lui.

Ils ne s'étaient même pas dit au revoir. Lucy l'avait aidé à débarrasser toutes ses affaires sans qu'il ai intervenu de quelque manière que ce soit, il ne lui avait même pas adressé un regard et l'avait laissé s'en aller sans se manifester. Sion était descendue dans la rue pour charger ses sacs dans la voiture au pas de charge, et Lucy, un peu à la traîne, avait demandé à Manabu, d'un ton froid qui n'arrivait pas totalement à cacher son incompréhension :
-Alors ça y est, vous vous séparez ?
-On dirait bien, oui.
-Tu la mets dehors après tout ce qu'elle a fait pour remonter l'épave que tu es ?
-C'est ce que tu voulais, non ?
-Je pensais que tu aurais au moins été un peu attaché à elle. Je croyais même que vous vous aimiez vraiment.
-C'est pour ça que je lui ai demandé de partir.

Lucy se retourna, sur le pas de la porte, et lui demanda :
-Hein ?

Manabu se ne tourna pas vers elle, et lui répondit :
-Je ne suis pas capable de m'occuper de moi. Et encore moins d'elle. Je la démolie. Il ne faut pas qu'elle reste ici.

Lucy fronça les sourcils :
-Et tu te rends compte qu'en faisant ça, tu es en train de lui donner un excellent prétexte pour s'en retourner à ses délires suicidaires ?
-Tu vas t'occuper d'elle, hein ? fit il, la voix soudain inquiète. Tu la laisseras pas faire de bêtises ?

Lucy soupira et affirma :
-T'en fais pas pour ça. Je vais bien lui monter la tête contre toi. Comme ça elle regrettera rien.

Manabu se tourna vers elle. Lucy cru reconnaître sur son visage la même expression qu'elle avait vu sur celui de Sion. A croire qu'ils étaient déjà morts.
-Merci.

Lucy hocha la tête, reprit les valises, et sortit en refermant la porte derrière elle. Elle descendit les escaliers en maugréant pour elle même. Elle trouvait ça stupide. A quoi ça leur servait de se compliquer autant l'existence, puisqu'ils étaient amoureux l'un de l'autre, et qu'ils pouvaient très bien rester tous les deux ? A quoi ça leur servait de se faire autant de mal pour retrouver leur vie d'avant, puisqu'ils savaient très bien qu'ils ne pourraient plus rien faire sans penser à l'autre pendant des mois ? C'était de la bêtise. Du masochisme.
Elle songea, cependant, en mettant le contact de la voiture et en regardant le visage fermé de Sion, que celle ci avait peut être raison sur un point : on n'était tranquille que lorsqu'on était mort.

Sion ne pleura pas. Elle ne versa pas une seule larme. Elle s'était dit que puisque ses larmes n'avaient pas pu le faire changer d'avis, elle ne devrait plus jamais pleurer. Elle s'était laissée tomber sur le plancher de sa vieille chambre en rentrant, et n'avait plus bougé. Elle était restée des heures allongée sur le sol, immobile, et Lucy avait finit par s'en inquiéter. Elle avait insisté pour qu'elle défasse au moins ses affaires, et qu'elle réaménage sa chambre. Sion s'y était refusée, et n'avait pas bougé pendant des heures. Lucy savait très bien pourquoi : Sion ne voudrait pas ranger ses affaires, parce qu'elle conservait l'espoir qu'il finisse par revenir sur sa décision, et qu'il lui demande de rentrer.
Au bout de quelques heures, Lucy avait commencé à ranger pour elle. Sion l'avait regardé faire sans vraiment la voir, et n'avait pas cherché à l'en empêcher. Puis, quand Lucy l'avait aidée à retourner dans son lit pour qu'elle puisse dormir sur quelque chose d'un peu plus confortable, elle s'était laissé faire, et avait gardé la tête ailleurs. Peu importe ce qui se passait autour d'elle, ça n'était plus important.

Elle arrêta de manger, et passa son temps à dormir. En trois jours, elle perdit presque cinq kilos. Elle ne sortait plus, et n'avait pas rallumé son téléphone depuis des jours. Elle se coupa entièrement du reste du monde et finit par ne même plus sortir de sa chambre.
Lucy avait renoncé à essayer de la secouer. C'était peine perdue. Sion n'avait même pas réagit lorsque, après une semaine passé dans cet état léthargique, elle était venue la voir avec un air embêté et avait déclaré :
-Ton patron a appelé sur le fixe.

Sion n'avait pas répondu. Lucy avait essayé de continuer avec tact :
-Il a dit qu'il n'arrivait pas à te joindre sur ton portable. Ca fait une semaine que tu n'es pas retournée travailler. Tu n'a même pas appelé pour dire que tu prenais un congé. Tu aurais pu le faire, non ?
-...
-Il m'a demandé ce qui se passait, j'ai dit que tu étais malade, et que tu reviendrais travailler lundi prochain, et...
-C'était pas la peine.
-Quoi ?
-Je n'y retournerais pas.

Lucy était restée muette et avait balbutié :
-Comment ça, tu n'y retourneras pas ? Va bien falloir que tu te remette à bosser un jour ou l'autre, non ?
-Pourquoi ?
-Mais...enfin, ça me paraît évident ! Comment...comment tu vas payer...le loyer, et la nourriture, et...
-Je n'ai plus envie de manger.
-Tu ne vas tout de même pas rester indéfiniment sans manger ?

Sion s'était passée de commentaires et avait de nouveau fermé les yeux pour essayer de se rendormir. Lucy avait alors explosé.
-Pourquoi tu fais ça ? Qu'est ce que tu cherches, au juste ? Tu essayes de te punir ? Ou c'es lui que tu veux punir en refusant de manger ? Tu crois qu'il va revenir en courant si tu te laisses mourir de faim ? Ou alors tu veux le faire culpabiliser ? Ah, c'est très intelligent, ça ! Vraiment, c'est digne de l'école primaire ! « Regardes, tu as vu, je suis morte à cause de toi, na, bien fait, c'est moi qui ai gagné ! ». C'est ça ? Tu veux juste le faire tourner en bourrique ? Non mais tu penses à quoi ? T'es qu'une gamine ! Une gamine qui boude dans son coin ! C'est pathétique de se mettre dans des états pareils juste à cause d'un mec ! De toute façon, ça sert à rien, ce que tu fais ! Il en a rien à battre ! Alors ça vaut pas la peine, laisses tomber, c'était un crétin, un point c'est tout !
-C'était pas un crétin.

Lucy s'était arrêtée de brailler l'espace de quelques secondes, juste le temps d'aller s'asseoir à coté d'elle et de reprendre son souffle, avant de recommencer à s'égosiller.
-Bien sur que si, c'était un abrutit, il ne pensait qu'à sa gueule, il s'en foutait pas mal de toi ! Et c'était un camé, en plus ! Il était défoncé du matin au soir !
-C'est pas vrai.
-Qu'est ce que tu en sais, que c'est pas vrai ? Je l'ai vu faire ! Dès que tu étais partie, il s'avalait un ou deux de ses maudits cachetons ! Vas pas me dire que t'étais pas au courant, t'as pas pu l'ignorer ! Tu le savais très bien, tu étais au courant depuis le début ! Seulement, tu faisait semblant de ne pas le savoir ! Tu voulais pas voir la réalité en face ! D'ailleurs, je me demande bien pourquoi tu as fais ça, s'aurait été moi, je l'aurais laissé tombé tout de suite, en fait, je ne serais même pas sortie avec lui. Tu sais au moins ce qu'il faisait quand tu n'étais pas là ? Plusieurs fois, je l'ai entendu au téléphone avec je sais pas trop qui, à se donner des rendez vous va savoir où. Il s'en fichait complètement de ce que tu pouvais penser. Complètement.
-...
-Ce que je dis, c'est pas pour t'embêter, mais il faut que tu te secoues, tu ne peux pas rester dans cet état indéfiniment. Tu dois au moins retourner travailler. Tu as vu l'état dans lequel tu es ? Ca fait combien de temps que tu ne t'es pas coiffée ? Combien de temps que tu ne t'es pas habillée correctement ? Tu vas passer ta vie dans cet état ? Ou tu comptes te bouger un peu ?

Voyant qu'elle n'avait eu aucune réaction, Lucy avait soupiré et essayé de radoucir son ton. Elle lui avait posé la main sur l'épaule et avait assuré :
-Il ne vaut pas la peine que tu te mettes dans des états pareils. Tu n'as pas à t'inquiéter de lui, ou de quoi que ce soit qui le concerne, maintenant. Tu dois tourner la page. Et puis, c'est pas non plus comme si il n'y avait que lui dans le monde. Tiens, si on sortait, toutes les deux ? On pourrait retourner dans le club où on est allé la dernière fois, pour se changer les idées, qu'est ce que tu en dis ? Hein ? Je suis sure qu'on pourrais te trouver un beau garçon qui te ferait penser à autre chose !
-J'ai pas envie.
-Ah, mais t'es vraiment impossible ! J'essaye de t'aider, moi ! Tu peux pas rester dans cet état ! C'es pas possible !

Sion s'était redressée lentement et l'avait regardée d'un air légèrement mauvais en déclarant :
-Tu peux me dire qui était dans ce même état quand le mafieux est rentré chez lui ? Hein ?
-Que...c'était pas la même chose...et puis, moi, je me suis remise ! J'en ai pas fais un drame ! Tu vois, moi, je sors, je continue à voir du monde.
-Ah oui, c'est même moi que tu es venue voir ! Je peux te rappeler combien de temps tu as squatté à la maison ?

Lucy avait rougi de colère :
-Qu'est ce que c'est, ça ? Tu as quelque chose à me reprocher ? Si tu veux m'engueuler, exprime toi clairement, au moins !
-Si j'ai quelque chose à te reprocher ? Attends, je me fais des films ou tu as été invivable pendant deux semaines ?
-Invivable ? Tu veux rire ? En quoi j'ai été invivable ?
-Manabu n'en pouvait plus ! Il en avait marre ! Mais il n'a rien dit parce que tu es mon amie, il a fait des efforts pour que ça se passe bien, toi par contre, tu n'as rien fais qui puisse aider ! Il était dans un état de nerfs pas possible à cause de toi !
-Attends, tu vas pas me dire non plus que c'est de ma faute s'il t'a dégagée de chez lui comme ça ?
-Si t'avais pas fichu ton bazar, je suis sure qu'on en serais pas là !

Lucy, choquée, avait semblé perdre momentanément l'usage de la parole. Sion l'avait regardée avec colère, puis, soudainement, avait semblé se reprendre et s'était laissée tomber à nouveau sur le matelas en expliquant :
-Excuses moi. Je pensais pas ce que je disais.

Lucy s'était approchée d'elle, l'air inquiète, et lui avait demandé :
-Mais qu'est ce qui t'arrives ? Avant, tu ne m'aurais jamais crié comme ça dessus ! Depuis quand tu es devenue comme ça ? Pourquoi tu réagis comme ça ?
-Je ne sais pas...

En voyant son air désenchanté, Lucy avait renoncé à essayer de la secouer. Elle avait soupiré, l'avait recouverte de sa couette, avait éteint la lumière et avait ouvert la porte pour sortir.
-Je veux rentrer à la maison...

Elle avait fermé a porte derrière elle en faisant semblant de ne pas l'avoir entendue. Elle aussi avait envie de retourner là où était Byo.

# Posted on Sunday, 29 November 2009 at 11:23 AM

Back to black, part 10

Back to black, part 10
Je suis vraiment désolééééééééééééée, excusez moi pour cette longue attente, j'avais lein de choses à faire! Le point positif de la chose, c'st que j'ai eu le temps d'écrire de nouveau! Partie 10!

Uruha décida de déboucher une bouteille pour aider à l'apprentissage de Kai.
-En quoi est ce que ça va l'aider, ça ? demanda Lydia d'un air soupçonneux. Tu cherches encore un prétexte pour pouvoir boire ?
-On va l'entraîner à servir le vin aux demoiselles. Comme un vrai sommelier !
-Ah ça, c'est sur, je me demande pourquoi tu ne t'es jamais essayé à cette carrière, toi.

Au bout de cinq verres, Kai était cramé. Il s'obstina pourtant à essayer de verser précautionneusement le vin dans le verre de Lydia, en s'excusant de sa maladresse.
-Oh, je suis désolé, pardon Lydia !
-Y a pas de mal, Kai chan, vas y, verse !
-M...mais je...j'y arrive pas !

Ses mains avaient en effet la tremblote, et il faillit en renverser partout.
-C'est parce que tu as trop picolé, c'est bon, ça va aller pour aujourd'hui !
-Je suis...je suis trop nul...je suis désolééééééééééééé !

Il s'effondra en larmes sous les rires d'Uruha, qui était bien amoché lui aussi, et Lydia, qui n'était pas mieux qu'eux, le prit dans ses bras en assurant :
-Mais c'est pas grave, Kai chan, tu t'es bien entraîné, pas la peine de pleurer !
-Je vais me vautrer pour mon rendez vous ! fit il en reniflant
-Mais non, mais non ! affirma Uruha. Tu vas les épater !
-Et personne ne va vouloir d'un maladroit comme moi, et ils vont me refiler un boudiiiiiiiiiiiiiiiin !
-On ne laissera pas un boudin t'emmener loin d'ici !
-Et je vais être obligé de me marier avec, parce que Lydia avait dit que je suis un poisseux !
-T'es pas un poisseux, Kai chan, et si ils te collent un boudin, on enverra Uruha à ta place !
-De quoi ? Qui a dit ça ?
-Moi !
-C'est...c'est vrai ?
-Mais oui !
-Mais non !

Kai renifla à nouveau et se remit à pleurer en serrant Lydia dans ses bras :
-Merci Lyliiiiiiiii ! C'est avec toi que je devrais me marier, comme ça je serais rassuré !
-Eh, moi aussi je veux me marier avec Lyli ! C'est moi son fiancé, on l'a dit l'autre jour !
-Mais non, c'est Kozuki sensei mon fiancé, vous n'avez rien suivit à l'histoire !
-Mais...mais...
-Tu n'oserais pas !
-Bien sur que non, il est fauché ! Y a aucune chance !
-Bon, c'est déjà ça de réglé ! Qui veut un autre verre de vodka ?

Lydia leva la main avec enthousiasme, et Kai fit de même en se remettant à pleurer. Uruha se releva en titubant et partit d'une démarche chaloupée vers la cuisine. Kai essuya ses larmes de crocodile d'un revers de main, et demanda à Lydia en se tournant vers elle :
-Dit, Lydia ?
-De quoi quoi quoi ?
-Tu veux m'épouser ?
-Oh ouiiiiiiiiiiii !
-C'est vrai ? Mais alors, je suis sauvé !
-Tu es sauvé ! Je suis sauvée ! Nous avons sauvé le monde !
-Tu veux un mariage en mairie ou à l'église ?
-Y a pas besoin d'aller à l'église, Uruha peut très bien faire le prêtre !
-Oui, mais s'il n'a pas de soutane, ça ne comptera peut être pas ?
-On va lui en fabriquer une, d'accord ?

Lorsque Uruha revint dans le salon, une minute plus tard, ils dormaient comme des masses. Il décida de les imiter et s'allongea avec eux sur la moquette en passant un bras autour de la taille de Kai. A ce niveau d'ébriété, il ne faisait plus la différence entre les filles et les garçons.

Personne ne fit de commentaires le lendemain matin, en se réveillant par terre dans le salon. Kai se hissa difficilement sur le canapé, et se rendormit dessus aussitôt après. Uruha marcha comme un zombie vers la cuisine, et Lydia le suivit en marmonnant « nya veut dormir encoooooore... ». Voyant que sa tête dodelinait dangereusement sur son épaule, il la tira par le bras et la ramena dans sa chambre. Elle agita vaguement la main vers Kai, qui était endormi sur le canapé, en marmonnant d'une voix pâteuse « viens Kai chan », mais celui ci ne l'entendit pas, et Uruha la balança dans son lit avant de s'y laisser tomber à son tour. Il ferma les yeux pour se rendormir, et posa sa tête contre sa nuque sans y réfléchir. Lydia sembla se rendre compte de ce qui se passait un peu en retard, et lui demanda d'une voix incertaine et ensommeillée :
-Qu'est ce que tu fais dans mon lit ?
-Tais toi, je dors.
-On avait dit pas de débordements, tu te souviens ?
-Non.
-Mais tu ne peux pas dormir ici, je suis mariée avec Kai chan, moi, maintenant.
-On s'en fout, laisse moi dormir.
-...Uruha ?
-Quoi ?
-Je crois que le professeur Kozuki est amoureux de moi.

Uruha enfonça sa tête sous l'oreiller de Lydia en étouffant un grognement.
-Tant mieux.
-Non, pas tant mieux, moi j'en veux pas, de lui.
-Je croyais que tu le trouvais beau ?
-Oui, mais je suis pas amoureuse de lui.
-T'es amoureuse de qui, dans ce cas ?
-De Kai.
-Pour de vrai ?
-Hm hm.
-Ben dis lui, alors.
-Non. Sinon il va faire une crise d'angoisse et il voudra plus me parler.
-Arrête tes conneries, il rêve que de ça depuis je sais pas combien de temps, alors va lui dire.
-Tu crois ?
-Faudrait être aveugle pour pas se rendre compte qu'il est amoureux de toi. Vu comment il bégayait, rien qu'à l'époque où on te parlait pas encore, il était tout rouge dès qu'on parlait de toi. Si ça c'est pas un preuve...

Lydia rougit un peu, se retourna, et se cala contre lui en répondant :
-Oui, t'as peut être raison...
-J'ai toujours raison.
-Et toi, Uruha ? T'es amoureux de qui ?
-De Aoi.
-Pour de vrai ?
-Bien sur que non, tu me prends pour qui ?
-Alors de qui ?
-De la musique. Je suis un amoureux de la musique.

Lydia sourit et ferma les yeux.
-Wah, c'est classe...


Curieusement, Kai se fit incroyablement discret pendant les jours qui suivirent. Il disparaissait très tôt le matin et ne rentrait qu'à une heure avancée de la soirée.
-C'est normal, avait dit Uruha, il bosse dans un restau, tu te souviens ?

Mais Lydia avait froncé les sourcils, peu convaincue, et s'était mise à réfléchir à haute voix.
-D'ordinaire, il bosse que le soir...
-Il a peut être demandé à avoir le service de midi ?
-Il est à la fac dans la journée. Il n'a pas le temps pour ça.
-Ben voilà, il est à la fac, pourquoi tu t'inquiètes ?
-Parce qu'il est absent toute la journée, alors que d'ordinaire il se précipite à la maison dès qu'il a fini pour nous faire notre déjeuner. Et je sais pas si tu as remarqué, mais depuis le début de la semaine, il nous a rien fait à manger !
-Ah, m'en parle pas, avait fait Uruha d'un air désolé, on ne se rend compte de la super qualité de sa cuisine que lorsqu'on est obligé de bouffer des trucs infects à la place !
-C'est ma cuisine que tu qualifies d'infecte ?
-Excuse moi, mais c'est vrai.

Lydia lui avait donné un coup de torchon avant de poursuivre :
-Il y a quelque chose de bizarre. On ne le voit plus. Qu'est ce qu'il peut bien trafiquer ?
-Kai chan ne trafique pas. Il est trop innocent pour ça.
-Dans ce cas qu'est ce qu'il fabrique pendant qu'il n'est pas à la maison ?
-Il s'est peut être trouvé une copine ?

Lydia avait sourit.
-On parle bien du même ?
-Ou alors il se cache !
-De quoi veux tu qu'il se cache ?
-De la lettre de son entremetteuse ? Il ne l'a toujours pas reçue !
-Tu crois ?
-Il a tellement la trouille de la recevoir qu'il ne rentre pas à la maison ! Tout s'explique !
-C'est un peu tiré par les cheveux ton explication...
-Tu vois autre chose ?


-Mais pourquoi tu me demandes ça à moi ?

Kai tortillait sa chemise entre ses mains et essayait de regarder ailleurs. C'était une situation embarrassante. Mais il ne voyait pas d'autre solution.
-Parce que tu...tu sais comment t'y prendre, pas vrai ? A...avec les filles, je veux dire...
-Tu devrais pas plutôt demander ça à Uruha ?
-Ca ne marche pas, sa technique...
-Qu'est ce qui te fais croire que ça marchera mieux avec moi ?
-Parce que...toi aussi, tu perds facilement tes moyens, et que ...heu...


Aoi n'eut pas l'air très convaincu. Il croisa les pieds sur la table et souligna :
-Je perd mes moyens d'une façon très différente. Tu veux que je te rappelle comment ça s'est terminé, la dernière fois que c'est arrivé ?
-Non, pas besoin !
-Qu'est ce qui se passe pour que tu ai si soudainement besoin de vaincre ta peur des filles ?

Kai baissa le nez et marmonna quelque chose entre ses dents.
-De quoi ?
-Jérendévouacunefille...
-Hein ?
-C'est Lydia ! protesta-t-il, comme s'il se défendait. C'est elle ! Elle m'a fait m'inscrire chez une entremetteuse ! Moi ! Et je vais devoir aller voir une fille que j'ai même pas envie de voir, et Uruha se marrait et disait que j'étais un cas désespéré, parce que Lydia va se marier avec son professeur, et que moi j'ai la poisse et que je vais finir fauché et à la rue, et que j'ai pris exprès des cours de danse depuis lundi, tous les jours, si jamais il faut que je l'emmène danser !

Aoi resta perplexe après s'être prit toute cette tirade à la figure, et demanda, pas certain d'avoir tout comprit :
-Qui ? L'entremetteuse ?
-Mais non ! La fille avec qui elle essaye de me fourguer !
-Pourquoi veux tu qu'il faille que tu l'emmènes danser ?
-Mais parce que ! Uruha fait toujours ça ! Avec un coucher de soleil en prime ! Il me l'a bien dit !
-Il t'a mené en bateau. Tu prends des cours de danse ? fit il en ricanant

Kai rougit et maugréa :
-Oui.
-De quoi ? De cha-cha-cha ?
-Non, de salsa...

Aoi pouffa de rire et Kai le pressa :
-Bon, tu veux bien m'aider, oui ou non ?
-Tu sais, si Uruha lui même n'a pas pu t'aider, je ne pense pas que je puisse être très utile...
-C'est toi qui lui a tout appris !
-L'élève a surpassé le maître, comme on dit.
-Mais comment je vais faire moi ? fit il, paniqué. C'est ce soir que j'ai rendez vous !
-Demande à Ruki !
-A Ruki ? répéta Kai en ayant l'air d'avoir mal entendu. A RUKI ? Tu veux ma mort ?
-Pourquoi pas ? Il a bien su se débrouiller avec ta s½ur !
-C'est Yumi qui lui a sauté dessus ! Tu t'en souviens pas ?

Aoi se mit à rire à l'évocation de ce souvenir.
-Ouais, c'est vrai ! C'était dans les escaliers de votre immeuble, non ?
-Elle lui est tombé dessus parce qu'elle avait sauté dans la cage d'escaliers pour apprendre à voler comme un vrai dirigeable...
-Remarque, ils étaient vraiment faits pour s'entendre ! Si ça avait pas été elle, s'aurait été lui qui lui serait tombé dessus en essayant de se jeter dans les escaliers pour se suicider !
-Ca ne règle rien à mon problème !
-Pourquoi tu ne demanderais pas à Reita ? fit Aoi avec un petit sourire
-Ah non ! Il va encore croire que je lui fais des avances !
-Et ben dans ce cas, je crois qu'il va falloir te débrouiller tout seul !

Kai afficha un mine pas contente du tout qui le rendait comique et se releva en pestant :
-Super ! Vive les amis, franchement !

Aoi lui jeta un petit coup d'½il affectueux.
-Allez, Kai chan, tu vas pas en mourir !
-Si ! Je vais en mourir ! Et ce sera de votre faute ! Et vous pourrez toujours pleurer une fois que je serais mort, ça n'y changera rien !
-Génial, on a un Ruki numéro deux...

Kai reprit son manteau d'un air rageur et se dirigea vers la porte en traînant des pieds.
-Hé !

Il se retourna. Aoi lui lança :
-Mais pourquoi tu vas voir une entremetteuse, au fait ? T'étais pas amoureux transi de...
-Justement ! C'est bien là le problème ! C'est elle qui m'y a envoyé !

Aoi fit la grimace.
-Bon, ben je crois que c'est foutu...

# Posted on Sunday, 29 November 2009 at 11:11 AM

God forsaken part 5

God forsaken part 5
Je m'excuse de ne pas vous mettre beaucoup d'articles aujourd'hui, c'est que je suis très occupée. Mais en tout cas, je fais mon maximum^^

Il rentra chez lui de mauvaise humeur. Les cours avaient à son sens duré beaucoup trop longtemps, et il avait été mis encore plus en rogne par ses heures de ménage auxquelles il était toujours soumis. La journée avait été mauvaise, et il aurait eu bien besoin d'une bonne bagarre pour pouvoir se défouler un peu. Il avait même erré quelques minutes dans les couloirs avant de partir, après avoir fini sa corvée, pour voir si Yamamoto n'était pas dans le coin et finir avec lui de régler leurs comptes. Mais le surveillant général avait bien fait les choses et les avait envoyé travailler dans des zones très éloignées, de fait qu'ils ne risquaient pas de se croiser. Il eu juste le déplaisir de croiser le vice président dans le couloir du Comité Disciplinaire, car celui ci avait fini sa journée et rentrait chez lui. L'air s'était fait étrangement lourd quand il était passé à côté de lui, et il lui avait lancé un regard chargé de toute l'estime qu'il avait de lui, autant dire aucune. Akira était donc rentré chez lui en traînant les pieds, sans passer par Desire ni aller rejoindre Terada et Minami qui avaient dit qu'ils y feraient un tour, et s'était mit tout seul d'une humeur de chien. Il poussa la clôture du jardin d'un coup de pied et entra dans la maison en ruminant sombrement. Il cherchait déjà quoi lancer à son père si celui ci commençait à lui reprocher quoi que ce soit. Il était de trop mauvaise humeur pour avoir la patience d'écouter son sermon. Il passa par la cuisine pour se chercher un truc à manger et vit sa mère assise à la table, dos à lui. Il poussa un soupir énervé et alla ouvrir la porte du frigidaire, sans se donner la peine de lui dire bonjour, ou quoi que ce soit d'autre. A quoi bon, puisque de toute façon, quoi qu'il dise, elle allait encore le regarder avec cet air de découragement et de pitié qu'il détestait tellement. Elle sursauta quand elle l'entendit entrer, et elle renifla étrangement sans se tourner vers lui. Se demandant ce qu'il avait encore fait, il se retourna vers elle et aboya d'un air excédé :
-Quoi ?

Elle se tourna lentement vers lui et il s'aperçut qu'elle pleurait. Sa colère fondit d'un coup et il la regarda avec étonnement.
-Maman ? Ca va ?
-Ton père...ton père est très fâché...
-Qu'est ce qui se passe ?
-Tu as vu le mur devant la cuisine ?
-Non, pourquoi ?
fit il en sortant de la pièce pour aller voir ce qu'il y avait

Il sortit rapidement, fit le tour de la maison, et comprit immédiatement le problème. Ici aussi. Il serra ses poings et se retint de frapper dans la fenêtre. Un énorme Fuck Ishiyama était tagué en rouge sur le mur. C'était quelqu'un qui savait où il habitait...
Il retourna dans la cuisine en essayant de garder le contrôle de ses nerfs et s'efforça de calmer sa mère qui avait l'air inquiète.
-C'est rien, maman, c'est juste un tag...
-Qui a bien pu faire ça ? Nous n'avons aucun problème de relations, aucun problème de dettes, on ne doit d'argent à personne...ton père pense que c'est peut être la yakuza mais je ne vois vraiment pas pourquoi ils...ton père n'aurait quand même pas des comptes à régler avec la yakuza, n'est ce pas ?
-Mais non, maman, fit il en s'agenouillant devant elle, ça n'a rien à voir, d'ailleurs c'est pas vous qui êtes visés, ne t'inquiètes pas !
-Mais...mais alors pourquoi...
-C'est pour moi ce message, pas pour papa.

Sa mère renifla encore une fois et ouvrit de grands yeux apeurés :
-Qu'est ce que tu as fais, Akira ?
-Rien, j'ai rien fais !
-Alors pourquoi on t'a envoyé ce message ?
-J'en sais rien ! fit il en s'énervant. Je sais pas pourquoi ! J'ai eu le même sur mon bureau !
-Tu n'as pas fais de bêtises, n'est ce pas ? Tu ne dois d'argent à personne, hein ?
-Mais maman ! cria-t-il en se relevant. Pourquoi veux tu que je doive de l'argent à quelqu'un ? J'en ai déjà pas, c'est pas pour me faire des dettes ! Pourquoi est ce que tu ramènes toujours tout au fric ou à ce que les voisins pensent de nous ?

Sa mère se ratatina sur elle même, terrifiée, et lança d'une petite voix apeurée :
-Je...je suis désolée, je ne voulais pas dire ça, je voulais juste savoir...
-Putain, maman, mais arrêtes d'avoir peur comme ça dès que je te dis quelque chose !
-Je...mais...mais non, ne dis pas de bêtises...
-Ca va, ça va, fit il en culpabilisant un peu de lui avoir crié dessus et en radoucissant son ton, c'est pas grave, t'inquiètes pas pour ça, je vais me débrouiller pour retrouver qui a fait ça, il viendra pas vous embêter.
-Akira...tu as des problèmes à l'école ?
-Non, non, tout va bien, fit il d'un ton bourru, en songeant que sa mère devait bien se douter de ce qui se passait à Meishô, vu qu'il revenait tous les jours avec de gros bleus à la figure.

Sa mère sembla s'inquiéter davantage, et lui sourit doucement en posant sa main sur sa joue :
-Je sais bien qu'en ce moment on a un peu de mal à parler. Mais si tu as quelque chose à nous dire, tu peux le faire. Je sais bien aussi que tu fais beaucoup de bêtises, mais tu n'es pas du genre à t'attirer des ennuis de ce genre. Tu es un gentil garçon, Akira, alors pourquoi tu continues à faire le voyou, comme ça ? Est ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas ?

Akira soutint son regard sans ciller et la regarda, avec un petit pincement au c½ur, lui sourire avec compassion. Il finit par baisser les yeux et répondit :
-Non. Non, tout va bien.

Son père ne rentra que lorsqu'il se fut couché, et il l'écouta vaguement exposer ses théories à sa mère concernant l'origine du tag insultant. Il entendit aussi sa mère chuchoter quelque chose et son père crier « Quoi ? Mais qu'est ce qu'il a fait, encore ? ». Il n'y prêta pas attention et ferma les yeux. Il savait bien qu'il ne faisait pas vraiment la fierté de ses parents...Il se réveilla plusieurs fois dans la nuit, dérangé par des rêves bizarres peuplés de bureaux qui brûlaient, et de serpillières qui nettoyaient toute seules. Il vit Terada s'asseoir sur sa Yamaha 1200Vmax, mettre le contact, et s'envoler, il vit Minami taper comme un cinglé sur Chieko qui riait comme une demeurée, il vit Takanori Sakura, allongée sensuellement sur un lit de satin, le regarder avec des yeux de braise, il vit Takashi, enfermé à l'intérieur d'une bouteille de saké, appeler au secours tandis que celle ci se remplissait dangereusement, il vit son père lui crier qu'il n'était qu'un bon à rien et qu'il aurait du l'échanger avec un chien tant qu'il en avait eu le temps, et il vit sa mère lui demander « Tu es un si gentil garçon, Akira, pourquoi tu t'obstines à faire ça ? ». L'allégresse. L'adrénaline. Le désir. La peur. La colère. La honte. De toutes ces émotions, laquelle était la plus forte en lui ? Laquelle était en train de le dominer ?

Il reprit le chemin de l'école le lendemain matin avec la ferme intention de trouver qui avait osé tagguer cette énormité sur le mur de la maison de ses parents. Faire un graffiti sur sa table, c'était une chose, s'attaquer à sa maison en était une autre. Il réfléchit durant le trajet à qui il devait des comptes, et qui lui en devait. Yamamoto, ça n'était pas possible. Il n'était pas du genre à faire des coups bas, il était beaucoup trop fier pour se rabaisser à frapper dans le dos. Personne, parmi les troisièmes ou les secondes, n'aurait osé faire quoi que ce soit contre lui, ils avaient trop peur de lui et de Terada et Minami pour tenter quelque chose. Quoi qu'en agissant dans l'anonymat, ils se salissaient beaucoup moins, et on aurait plus de mal à retrouver le coupable...Mais Akira ne pensait pas qu'il s'agisse d'un quelconque petit rebelle de troisième. D'ailleurs, comment l'un d'entre eux aurait pu savoir où il habitait, à moins de l'avoir suivi, et s'il avait été suivi, il s'en serait très vite aperçut. Les premières étaient pratiquement tous de son côté lorsqu'il s'agissait de règlement de comptes, mis à part Yamamoto et sa troupe, mais il avait déjà écarté Yamamoto de sa liste de suspects. Restaient les terminales, qui n'aimaient pas tellement le fait qu'il se la ramène, compte tenu du fait qu'ils honoraient le code du droit d'aînesse, et qu'ils considéraient que ceux qui étaient plus jeunes qu'eux leur devaient le respect. Mais aucun d'entre eux n'aurait eu l'idée de faire ça. Le code d'honneur qu'ils se forçaient de respecter était fondé sur le bushido, et ce genre d'agissement était considéré comme d'une grande honte. Akira flanqua un coup de pied dans une canette abandonnée en maugréant. Qui avait bien pu faire ça ?

Il fit un détour pour ne pas avoir à passer devant Tomori. Il était de mauvaise humeur, et n'était pas disposé à parler avec Sakura. D'autant plus que Sakura était intervenue d'une façon très gênante dans un de ses rêves, et qu'il serait mal à l'aise s'il se retrouvait de nouveau en face d'elle. Il n'avait pas la tête à penser à elle, et avait des choses plus importantes à gérer pour l'instant. Il se dit, toutefois, qu'il faudrait qu'il repasse en rentrant chez lui. Juste histoire de lui avoir dit bonjour.

Terada avait fait changer sa table. Sans doute pour lui éviter une crise de colère ou pour essayer de le mettre de meilleur humeur. Quand il poussa la porte d'un geste brusque qui laissait deviner une mauvaise humeur imminente, les autres se retournèrent vers lui d'un air anxieux, et le premier rang se tassa un peu, se resserrant les uns contre les autres, mis à part Saehara, qui était un grand admirateur d'Akira, et qui ne pouvait s'empêcher d'essayer de se faire bien voir de lui de toutes les façons qu'il pouvait imaginer.
Akira se dirigea d'un pas mécanique vers sa chaise et s'y laissa tomber, en lançant un regard peu engageant aux autres, pour bien montrer qu'il ne valait mieux pas le chercher aujourd'hui.
Il ne fit aucun commentaire quand à sa table miraculeusement redevenue propre (enfin, dans l'état où elle était avant), enfonça ses poings dans ses poches et afficha une mine renfrognée. Terada vint s'asseoir sur la chaise qui était en face de lui, en virant son occupant d'un coup de pied, la tourna face à lui et croisa ses jambes sur sa table.
-Ca va, la forme ?
-...
-Pas la forme, donc.

Il se frotta le crane et ouvrit un paquet de clopes. Minami tourna une page de « Ainsi parlait Zarathoustra » et lui donna une petite claque sur l'épaule sans lever le nez de son bouquin :
-On a commencé les interrogatoires dans les troisièmes A B et C, personne n'est au courant.
-Le mur de ma maison a été taggué, aussi.
-Hein ?

Terada se redressa sur sa chaise et le regarda avec inquiétude. Minami releva les yeux vers lui et referma son livre.
-Merde alors...
-Je ne crois pas que les nouveaux y soient pour grand chose...
-On va quand même continuer à les interroger. S'il y en a un, même un seul, dans le coup, on pourra peut être en savoir plus.

-A ton avis, ça pourrait être qui ?

Akira haussa les épaules :
-Personne. Tout le monde.
Minami hocha la tête, et Terada se releva en pestant en voyant Yamanami sensei entrer dans la classe.
-Tout le monde à sa place, bande d'insolents, ou on va mal commencer la journée.

Akira sortit ses mains de ses poches et appuya ses coudes sur la table pour essayer de se réveiller et de se changer les idées. Yamanami sensei s'installa sur son bureau et lança à la cantonade :
-Alors, qui va nous faire un résumé du précédent épisode, histoire de me mettre de bonne humeur ? Tiens, Ishiyama, toi qui t'es octroyé une journée de congé la dernière fois, c'était sûrement pour réviser, tu dois être bien au point ! Au tableau !

Akira poussa un grognement et se leva en maugréant. Aucun des autres ne se risqua à lui envoyer une vanne, comme on le faisait avec Terada. Il fallait dire que Terada avait quand même la réputation d'être beaucoup plus sociable que lui...

-Ishiyama ? C'est pas ton tour de service aujourd'hui ?
Akira releva la tête en grognant, et Saehara parut regretter de l'avoir réveillé dans sa sieste de midi. Akira se frotta les yeux, et lança d'une voix pâteuse où pointait la mauvaise humeur :
-Ouais, c'est mon tour, j'y vais, affole pas...
-Tu veux que j'y aille à ta place ?
-Quoi ?

Saehara lui sourit et expliqua :
-Tu as déjà des heures de nettoyage en plus tous les soirs, avec ta punition, non ? Si tu te mets à dormir entre les cours, c'est que tu es fatigué, alors je peux te remplacer pour le service, si tu veux.
Akira se massa le crane, en essayant de se réveiller, et lui demanda :

-Pourquoi tu voudrais faire ça ?
-Oh, juste comme ça, si ça peut t'aider, mais sinon...

Il se mit à rougir et tira sur sa chemise d'un air gêné. Akira eu un petit sourire. Depuis le début, ce pauvre garçon, qui n'avait, à ses yeux, que le tort de ne pas savoir se défendre, essayait de faire ami-ami avec lui, et lui l'envoyait toujours bouler. Le pauvre Saehara faisait pourtant de son mieux...
Il lui sourit et lui répondit :
-Nan, c'est mon tour, alors je le fais, mais merci quand même, Saehara.

Saehara eu l'air de ne pas en revenir de ne pas s'être fait envoyer bouler, et lui déclara avec allégresse :
-Pas de problème, si tu as besoin, tu m'appelles !
-C'est quoi, ça ?
-C'est pas la nana de l'autre jour ?
-Qu'est ce qu'elle vient foutre là, celle là ?
Akira interrompit sa discussion et regarda par la fenêtre, comme tous les autres. « La nana de l'autre fois » ?...Elle n'était quand même pas assez bête pour être revenue toute seule encore une fois ? Et en effet, en y regardant plus attentivement, il reconnut la silhouette mince et fragile de Takanori Sakura derrière la grille. Il se leva à moitié de sa chaise, pour y regarder de plus près, et la regarda passer devant la grille avec les deux filles qui l'accompagnaient la dernière fois qu'il l'avait croisée. Il se demanda ce qu'elle venait fiche ici, si elle venait encore apporter quelque chose à son père. Il se leva et s'apprêta à descendre en bas pour lui dire de repartir. Venir une fois à l'improviste, ça pouvait passer. Mais une deuxième fois, et avec des copines, les gars de l'école allaient se demander si elles n'étaient pas en train de les narguer. Mais elle ne s'arrêta pas, elle continua son chemin en bavardant joyeusement avec ses copines, et ne jeta qu'un regard furtif vers le bâtiment. Akira se sentit stupide de s'être levé aussi brusquement et se rassit. D'ailleurs Terada lui lança un regard interrogateur auquel il n'avait pas vraiment envie de répondre. Terada n'avait pas besoin de savoir qu'il rêvait d'elle la nuit, ni qu'elle était toujours mise en scène d'une façon très sensuelle, trop sensuelle, presque proche de l'érotisme. A croire qu'il fantasmait sur elle...Les rêves où il se retrouvait seul avec elle devenaient de plus en plus fréquents, et étaient criants de réalisme. Dans ses rêves, Sakura s'étendait langoureusement sur ce grand lit en satin sortit d'on ne savait où, tendait la main vers lui, l'attirait de façon irrésistible au dessus d'elle, et il se sentait frissonner lorsqu'il la prenait dans ses bras, lorsqu'il l'entendait gémir doucement au moment où il posait ses mains sur elle, lorsqu'elle posait tendrement ses lèvres sur les siennes, lorsqu'elle lui disait qu'elle l'aimait à en mourir, il se sentait fondre, se consumait d'amour pour elle, tremblait de désir, et...
-Akira ! Tu rêves ?

Akira sortit brutalement de son état léthargique et regarda Terada avec incompréhension.
-Hein ?
Terada le regarda d'un air amusé et il se sentit un peu déboussolé. Il ne savait plus vraiment où il était, et s'il n'était pas encore en train de rêver. Il se reprit vite en main et répondit :
-Non, ça va, qu'est ce que tu disais déjà ?
Minami eu un regard soupçonneux, mais ne dit rien, et Akira écouta Terada se plaindre qu'il était en manque de filles, en ce moment, et qu'il aurait bien aimé que les trois lycéennes de Tomori soient entrée dans l'enceinte de l'école. Ca doit être le cas pour moi aussi, se dit Akira. Je dois être en manque...Il ne voyait que ça comme explication, sinon, pourquoi serait il aussi obsédé par cette fille qu'il connaissait à peine ? Sinon, pourquoi alimenterait elle autant ses fantasmes, elle et pas une autre ? Il connaissait plein de filles dont il aurait pu rêver, plein de filles beaucoup mieux foutues, et plus belles aussi, et il aurait été beaucoup moins étrange qu'elles apparaissent dans ses rêves. Pas qu'il la trouvait moche, au contraire, elle était plutôt mignonne...

# Posted on Sunday, 04 October 2009 at 12:04 PM

The Wrong lane, part 13

The Wrong lane, part 13
Yoshhhh, ça faisait longtemps! Longtemps que je n'était pas venue, longtemps que je n'avais rien publié sur The wronglane. Il ya eu des protestations...rassurez vous, la longue attente est maintenant terminée! Oh yeah!

Manabu tapotait nerveusement des doigts sur l'accoudoir du canapé en regardant la télé. Sion était partie travailler, il était vingt et une heure dix huit, et il mourrait d'envie de se faire un fix avant qu'elle ne soit de retour. Seulement, il ne pouvait pas. Lucy était là, elle aussi, à regarder la télé dans SON salon sur SON canapé, et il sentait bien qu'elle le surveillait du coin de l'½il. Elle devait chercher le point faible. Attendre qu'il fasse une bourde pour persuader Sion qu'il n'était pas digne de confiance et qu'elle devait retourner habiter avec elle. Il ne devait pas la laisser gagner. Il s'efforçait donc de contrôler ses mouvements impatients, de paraître détendu et calme, mais l'angoisse qu'il commençait à éprouver à l'idée qu'il ne pourrait prendre aucune dose avant plusieurs heures si jamais Sion rentrait entre deux s'ajoutait à l'énervement qu'il cumulait déjà depuis plus de deux heures. Si seulement...si seulement elle pouvait avoir un coup de fil important, ou qu'elle ai oublié de faire quelque chose d'urgent autre part, qu'elle s'en aille juste dix minutes, juste le temps pour lui de s'avaler un cachet...
Mais Lucy ne bougea pas et continua de fixer résolument l'écran de la télé. Il s'efforça de refouler son angoisse et son stress, mais au bout d'un moment, agacée par le bruit qu'il faisait, elle tourna la tête vers lui et lui demanda :
-Tu pourrais arrêter de faire ça ? C'est stressant.

Manabu eut envie de la gifler. Si ça l'ennuyait tant que ça, elle pouvait partir, ça n'était pas lui qui la retiendrait ! Il lui jeta un regard noir et vit qu'elle le regardait avec un air blasé, comme si sa présence l'importunait. Au bout d'un moment, il craqua. Il se leva du canapé, sans dire un mot, et alla s'enfermer dans la salle de bains. Au passage, il la vit secouer la tête d'un air négatif en marmonnant « pauvre Sion... ». Il l'aurait tuée.
Il ferma la porte de la salle de bains et barra derrière lui. Elle pourrait bien penser ce qu'elle voudrait, il s'en moquait, elle le poussait à bout. Il passa la main derrière le meuble blanc où Sion rangeait les serviettes de toilettes (et qui faisait aussi office de boîte médicale) et en décrocha l'enveloppe en papier qu'il avait fixé avec du scotch quelques jours plus tôt pour y planquer sa réserve de cachetons. Il en avala un, avec un frisson de soulagement, remit l'enveloppe à sa place, et s'assit contre la baignoire en maudissant Lucy. De quel droit ? De quel droit pouvait elle s'installer comme ça chez lui et faire sa loi, comme ça, du jour au lendemain ? De quel droit pouvait elle juger la façon qu'il avait de vivre et s'apitoyer sur le sort de Sion ? Qu'est ce qu'elle savait de tout ça ? Il était parfaitement capable de s'occuper convenablement de Sion, il en avait la certitude, d'ailleurs il s'occupait très bien d'elle, et elle ne s'était jamais plainte de son comportement envers elle, ni de rien d'ailleurs. Sion était heureuse avec lui. Elle ne le laisserait pas. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait.

Curieusement, Lucy ne dit rien. Il vit bien, en ressortant de la salle de bain, à la mine qu'elle affichait, qu'elle savait très bien pourquoi il y était allé. Mais elle ne fit pas de remarques cinglantes, et ne dit rien de compromettant à Sion lorsque celle ci rentra vers vingt trois heures. Sion, toutefois, se douta bien de ce qui avait pu se passer durant son absence, car Manabu accepta de manger sans broncher, et ce avec trop d'enthousiasme pour que ça paraisse honnête. Sion commença à s'inquiéter. Elle savait que la présence de Lucy irritait beaucoup Manabu, qui était déjà plutôt associable, et qui ne voulait pas partager. Elle songea donc qu'il allait falloir essayer de le mettre de meilleur humeur avant de courir le risque de le pousser à prendre une dose de trop. Après tout, il était toujours très excessif...

Elle trouva qu'il avait un comportement bizarre. D'ordinaire, c'était toujours elle qui venait quémander un bisou ou une quelconque marque d'affection de sa part. Là, il ne la lâchait plus. L'interdiction numéro 1 semblait ne plus exister pour lui et il la garda près de lui toute la soirée jusqu'à ce qu'ils aillent se coucher, sans tenir compte de son air étonné. Une fois qu'ils furent seuls, il ne tient plus compte non plus de la remarque concernant les murs porteurs et commença à la caresser fiévreusement une fois qu'elle se fut allongée à côté de lui. Complètement décontenancée, elle le repoussa gentiment, bien qu'a contre c½ur, et il eut un air étrangement désespéré.
-Tu ne veux pas ? lui demanda-t-il d'une voix bizarrement aiguë
-Ce n'est pas ça, mais si on fait trop de bruit, Lucy va...
-On s'en fiche de Lucy ! protesta-il. C'est chez nous, ici, non ? Si elle n'est pas contente, elle peut partir, on ne va pas s'arrêter de vivre pour elle !

Sion, stupéfaite par ce soudain accès de colère (car c'était bien la première fois qu'elle le voyait se fâcher), lui caressa la joue tandis qu'il s'était d'un seul coup serré contre elle.
-Qu'est ce qu'il s'est passé ? lui demanda-t-elle. Qu'est ce que tu as ?
-Rien. Rien, je suis juste...juste fatigué, pardon...
-Tu es sûr que ça va ?

Manabu releva la tête et vit l'expression angoissée qu'elle avait sur le visage. Il ne voulait pas qu'elle s'inquiète. Ca n'était pas de sa faute, à elle, elle n'y était pour rien si il perdait les pédales. Il l'embrassa et lui assura :
-Ca va. Ne t'inquiètes pas, je suis juste un peu crevé, c'est tout.

Il la serra dans ses bras et Sion posa sa tête sur son épaule. Elle lui dit :
-Il n'y en a plus pour longtemps. Elle ne va pas rester indéfiniment ici. Ca va aller, on sera bientôt tranquille...
Il ne lui répondit pas, mais la serra un peu plus fort. Sion sentit ses mains trembler légèrement dans son dos.
-Manabu ? Tu as froid ?
-Quoi ? Non, pourquoi ?
-Tu trembles.
-Qu'est ce que tu racontes ? Je ne tremble pas.

Elle se détacha de lui et prit ses mains dans les siennes.
-Si, tu trembles...

Manabu regarda ses mains et fronça les sourcils. Il demeura silencieux et finit par murmurer :
-Je ne les sens pas...
-Hm ?
-...je ne les sens pas trembler...

Sion le regarda et vit une expression d'inquiétude sur son visage.
-Je ne sens rien du tout...

Elle lui prit les mains et les frotta dans les siennes.
-Tu dois être engourdi, il fait froid dans la chambre, c'est pour ça que tu ne sens pas tes doigts.
-Sion, je ne sens plus rien...
-Il faut le temps de te réchauffer un peu, fit elle, d'une voix un peu aiguë, en frottant plus fort. Mais tu vas voir, dans cinq minutes ça sera revenu.
-C'est pas normal...
-Ca va aller, c'est rien, c'est parce que tu es fatigué.

Manabu commença à paniquer :
-Pourquoi je ne sens plus rien ? Qu'est ce que j'ai ?
-Ne panique pas ! fit Sion, tout aussi inquiète, la voix très aiguë. Ne panique pas, ça va s'arranger !
-Qu'est ce qui m'arrive ? Qu'est ce que j'ai ?

Complètement affolé, il frotta ses mains l'une contre l'autre, mais ne parvint pas à faire cesser les tremblements. Il jeta alors à Sion un regard épouvanté.
-Tu crois...que j'en prend trop ?
-Trop de quoi ? Qu'est ce que tu as fais ?
-En fait, ça ne me suffit plus...
-...Non, c'est pas ça.
-Et c'est en train de me tuer !
-Arrête, je suis sûre que c'est pas ça !
-Je suis en train de crever...
-Arrête !
-JE TE DIS QUE JE SUIS EN TRAIN DE CREVER ! JE CONTROLE PLUS RIEN !

Il se laissa submerger et les larmes coulèrent le long de ses joues tandis qu'il se prenait la tête entre les mains. Sion, les yeux écarquillés par la peur, mit un certain temps avant de poser sa main sur son épaule pour essayer de le rassurer.
-Je vais mourir...
-Non.
-Je vais mourir...
-Je ne te laisserais pas mourir !
-Je suis fichu...
-Je t'interdis de mourir !

Manabu releva les yeux, étonné d'entendre Sion crier et la regarda serrer les poings.
-Je vais t'emmener voir un médecin.
-Non, surtout pas ! Ca va être l'enfer !
-Je m'en fiche. Tu vas aller te faire soigner. On ira demain.
-Je ne peux pas ! Ils vont me demander d'où ça vient, tout ce que j'ai pris ! Je ne peux pas !
-Pourquoi ? Tu préfères mourir ?
-J'en revendais ! Je vais aller en prison, dès qu'ils vont le savoir !
-Donc tu préfères mourir ?
-Je ne veux pas aller en tôle ! Tout mais pas ça !
-T'ES QU'UN EGOISTE !

Sion s'était mise à crier. Manabu se tut, et vit qu'elle était en colère. Elle s'était détachée de lui et une expression étrange, qu'il ne lui connaissait pas, était apparue sur son visage.
-Tu n'as pas le droit de me laisser toute seule ! C'est toi qui paye cet appartement, je te signale, j'y arriverais pas toute seule ! Si tu te laisses mourir, je vais avoir des tas de problèmes ! Tout le monde va me poser des questions embarrassantes, à tous les coups on va croire que c'est moi qui t'ai tué ! Tu n'espère pas que je vais reprendre ma vie d'avant après le train de vie auquel tu m'as habituée ? Je ne pourrais jamais ! Tu n'as pas le droit !

Elle se tut pour reprendre son souffle et baissa soudainement la tête.
-...Sion ?
-Tu n'as pas le droit de m'enlever le seul endroit où je pouvais rentrer.
-Tu garderas l'appartement, idiote, quoi qu'il...
-Si tu n'y est plus, je n'aurais plus d'endroit où rentrer.

Manabu fronça les sourcils, craignant de comprendre ce qu'elle voulait dire. Sion releva la tête et déclara :
-Ma maison, c'est là où toi tu es. Et quand je suis ici, je n'ai plus envie de mourir. Alors ne me l'enlève pas.

Manabu songea alors qu'il était temps d'en finir.

Il y avait pensé plusieurs fois, depuis que Lucy était arrivée, et avait toujours remit ça de côté. Mais il fallait qu'il se rende à l'évidence. Ca ne pouvait pas continuer comme ça. Si elle se rendait malade pour lui, ça n'avait plus de sens. Au fond de lui, il avait toujours su qu'il finirait par perdre les pédales un jour où l'autre, et qu'il finirait par crever de ses conneries. Sion ne devait pas faire la même erreur que lui. Elle ne devait pas se laisser mourir. Il fallait qu'elle, au moins, puisse s'en sortir. Et puisqu'il était incapable de l'aider, puisqu'il ne faisait qu'empirer les choses, ça ne servait plus à rien. Il valait mieux qu'il la mette en sûreté. Loin d'ici. Et surtout loin de lui.

Il détourna la tête et fixa le mur pour ne pas avoir à la regarder.
-C'est pas toi qui vas mourir, aux dernières nouvelles, c'est moi.
-C'est pour ça qu'il faut que tu ailles voir un médecin !
-J'ai pas envie de finir en tôle.
-Mais c'est quand même mieux que...
-Ne dis pas ce que tu crois qui es mieux ! Tu ne sais rien.
-...j'essaye juste de t'aider !
-J'ai pas besoin de ton aide.
-Tu t'en sortiras pas tout seul.
-Mais je m'en sortirais pas mieux avec toi.

Sion se tut et le fixa d'un air incrédule. Manabu se tourna, dos à elle, et lança d'une voix froide :
-Tu as dis que tu ne pourrais pas payer cet appart toute seule. Mais rien ne t'oblige à rester ici.
-Mais...je viens de te dire que...
-On avait dit pas d'attachement, tu te souviens ?

Sion fut choquée de ses mots. Elle précisa :
-TU avais dis pas d'attachement ! Mais tu as exigé que je reste quand même avec toi !
-On avait un deal !
-J'ai jamais pris aucune de tes satanées pilules et tu le sais très bien ! Je suis restée pour toi !
-Et tu as vu où ça nous a mené ? Maintenant, on en arrive à se demander de quelle couleur on peut choisir les rideaux ! Tu as vu ce que tu as fais de moi ? Je suis un légume !
-Je ne t'ai jamais empêché de faire ce que tu voulais ! La preuve, je n'ai rien dis quand tu as ramené tes clients ici !
-Encore heureux ! C'est moi qui paye, non ?
-Je n'ai jamais fais la moindre remarque sur quoi que ce soit ! Je t'ai toujours laissé gérer les choses comme tu le voulais ! Est ce que je me suis imposée sur quelque chose depuis que je suis ici ? Est ce que, une seule fois, je me suis montrée envahissante ou insupportable ?
-Le problème n'est pas là !
-Si, tout le problème est là ! J'ai fais tout ce que tu me demandais ! Je me suis pliée à toutes tes exigences ! Je t'ai laissé te démolir comme tu le voulais, bien que ça m'ai fait mal de voir ça ! Je me suis fait un sang d'encre pour toi, y a pas eu un journée sans que je m'inquiète, sans que j'ai eu peur de te retrouver mort par terre au moment où je rentrais ! J'ai arrêté de vivre, pour toi !
-Et ben dis toi que maintenant, tu vas pouvoir recommencer.
-Quoi ?

Manabu se recoucha lentement et lui déclara sans la regarder :
-Rentre chez toi. Demain matin, reprend tes affaires, et retourne avec Lucy.
-Pourquoi tu me dis ça ? C'est ici chez moi !
-Non. Ici, c'est nulle part. C'est même pas chez moi.
-...je veux rester avec toi...

Manabu ferma les yeux. Il se sentait plus mal qu'il ne l'avait jamais été. Comme si on était en train de lui arracher quelque chose. Il ne fallait pas qu'il lui cède. C'était bien la seule chose qu'il puisse faire pour la protéger.
-Sion, tu me fatigues. Dors, maintenant.

Il sentit Sion se rallonger lentement, et l'entendit sangloter silencieusement. Ainsi, même elle, elle pouvait parfois pleurer...Il sentit sa main s'agripper à son tee shirt et se raccrocher désespérément à lui. Elle s'était serrée contre lui et pleurait dans son dos.
-Je te demande...pardon...murmura-t-elle

Manabu soupira et la laissa s'accrocher à lui sans pour autant la toucher. Si c'était la dernière nuit qu'il passait avec elle, il n'aurait pas la cruauté de la repousser. C'était le dernier geste d'amour qu'il pouvait lui témoigner.

# Posted on Sunday, 04 October 2009 at 11:46 AM